Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

44

Une subite inspiration m'incita à présenter au bourgmestre la chevalière en onyx que j'avais récupérée lors de mon voyage.
− Cet objet vous dit quelque chose, messire Calvyn ?
Mais j'avais à peine posé ma question que je compris qu'il en était indubitablement l'ancien propriétaire. Ses yeux s'arrondirent sous l'effet de la surprise, se remplirent presque de larmes, et sa lippe disgracieuse tremblota nerveusement.
− Ma bague ! Où l'as-tu trouvée ? parvint-il à bredouiller tout en prenant du bout des doigts le bijou que je lui tendais.
− Pas très loin d’Asguenn, sur la route de l'ouest. Je suis tombé dessus ce midi. Elle se trouvait juste au bord d'un ruisseau, au niveau d'un petit pont.
− Cela fait si longtemps, souffla-t-il d'un ton rêveur en caressant amoureusement son bien.
J'étais fort satisfait de la joie du bourgmestre et ne regrettai en rien mon acte généreux. Le notable se remit peu à peu de son émoi pour reporter à nouveau son attention sur moi et je vis que son expression s'était subtilement modifiée. Son attitude étrangement bienveillante avait laissé place à une certaine gêne et je m'étonnai de son trouble. Il fit glisser un tiroir puis y prit quelques pièces qu'il m'offrit à titre de remerciement (ajoutez 5 pistoles à la bourse et supprimez la chevalière en onyx de vos objets divers).

− Prends ça mon garçon, même si c'est bien peu par rapport à ce que représente cette bague à mes yeux.
− Tout le plaisir est pour moi, messire.
Le gros bourgmestre me considéra une fois de plus avec un regard soucieux, presque coupable, puis il se pencha sur son bureau pour me chuchoter à l'oreille.
− Tu dois quitter Asguenn au plus vite. Les ennemis sont partout et s'ils te voient, ils te feront un mauvais sort. Quitte la ville ! C'est le meilleur conseil que je puisse te donner.
− Que voulez-vous dire ? De quels ennemis parlez-vous ? rétorquai-je, passé mon premier instant de stupeur.
− Chut, Parle plus bas ! Ils sont même dans mes murs. Je ne peux pas t'en dire plus, ils me tueront s'ils apprennent que je t'ai raconté ça. Pars d'ici ! Quitte cette ville !
Le comportement du bourgmestre me parut complètement irréaliste mais ses trémolos angoissés et la sueur qui perlait à grosses gouttes de son visage adipeux me convainquirent de l'urgence de la situation. Sans dire un mot de plus, le sieur Calvyn me prit le bras, me raccompagna jusqu'à son perron et referma la porte sur moi après m'avoir adressé un dernier regard désespéré.
Sidéré, je demeurai sur le seuil du manoir en tentant de trouver une logique à l'attitude du notable. Soit cet homme était mentalement déséquilibré, soit il me cachait quelque chose de grave. Mais dans ce cas, pourquoi m'avait-il dans un premier temps invité à dormir chez lui ?
Si Joan fait le tour du manoir pour trouver un moyen d'y pénétrer par effraction.

S'il préfère réserver une chambre à l'auberge locale.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article