Lecture des livres dont vous êtes le héros
25 Mars 2014
J'étais le seul à occuper la route qui traversait le village et j'avais la désagréable impression de sentir peser sur moi des dizaines de regards à travers les fenêtres des habitations. Je ne croisai que quelques âmes, uniquement des femmes ou des enfants qui s'esquivaient rapidement à l'approche de la carriole. Comme cette atmosphère de sourde hostilité me minait le moral, je m'empressai de trouver l'échoppe du forgeron. Je la repérai un peu plus loin dans Asguenn grâce aux échos métalliques qui en provenaient. Il s'agissait d'une bâtisse plus petite que les autres mais entièrement occupée par l'atelier du forgeron dont la famille devait résider à l'étage.
Plus proche de moi, une autre maison de même taille jouxtait la forge. Les ouvertures en étaient plus étroites et la porte à un seul battant. Cette dernière était surmontée d'un large panneau de bois dans lequel étaient pyrogravés les mots « Galen Miramas - Négociant en minerai ». De l'autre côté de la route, une taverne de belles dimensions étendait sur moi son ombre rafraîchissante et je lus « La Petite Pépite » sur son enseigne rouillée.
Juste après la taverne, un bâtiment à deux étages faisait face à la forge.
Il n'était pas le plus imposant d'Asguenn mais il dominait le village par sa hauteur. Bien que présentant des signes de décrépitude aussi avancés que le reste du hameau, la maison se distinguait imperceptiblement par les ferronneries qui protégeaient ses fenêtres et par sa porte d'entrée en bois sculpté à laquelle on accédait par un perron. Visiblement, ce manoir
de fortune devait appartenir à un membre important de la communauté minière. Hormis ces quatre bâtisses, le centre d’Asguenn était occupé par de vastes et affreux baraquements en pierre.
Je laissai mon attelage à l'arrière de la forge avant d'hésiter à pénétrer dans l'atelier. L'artisan devait se trouver en plein ouvrage car le rythme des échos métalliques ne faiblissait pas. Même si j'étais impatient de récupérer des armes pour la défense du Refuge, la transaction avec le forgeron s'avérerait peut-être plus aisée à conclure si je l'interpellais une fois son travail du jour achevé.
Joan peut en attendant se reposer dans la taverne.