Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

67

Lorsque nous sortîmes du bâtiment, le sergent nous demanda de le suivre jusqu'à
l'armurerie. Nous l'aidâmes à déplacer plusieurs râteliers pour avoir accès à une lourde et
vieille armoire qui contenait du matériel de survie. Dross y prit cinq sacs à dos à la toile
défraîchie puis nous les distribua à tour de rôle. Leur poids me surprit et je soulevai le
rabat du mien pour en inspecter le contenu : il était rempli de vaisselle brisée et d'outils
corrodés. Avec un grand sourire sardonique, le sergent nous fit signe de les installer sur
nos épaules.
· " Si vous voulez montrer aux gars qui est le chef, il ne suffit pas d'être le meilleur
avec une arme entre les mains. C'est bien beau d'apprendre à se battre et à survivre
dans une bataille mais encore faut-il pouvoir y arriver en pleine forme. Vous voyez ce
que je veux dire ? "
Comme personne n'acquiesçait, il commença à s'irriter.
· " Vous les bleus, vous n'êtes encore jamais allés en opération. Vous verrez qu'on y
passe cent fois plus de temps à marcher dans la nature qu'à se battre. Les gars, ce sont
de belles feignasses qui ne pensent qu'à s'arrêter pour bâfrer ou reposer leurs pieds. Il
faut toujours les tirer par la peau du cul ou leur gueuler dessus pour les faire avancer !
Imaginez alors que leur chef soit fatigué au bout d'une journée de marche, comment
voulez-vous qu'on puisse leur dire d'accélérer le mouvement ? C'est pour ça que vous
allez me faire quatre tours de colline ce matin et je verrai bien si vous êtes capables
de montrer l'exemple à vos gars. "
Il nous enjoignit alors de le suivre avec nos faux paquetages sur le dos et je perçus le
regard désespéré que Zentile me lança. Je lui répondis d'une moue fataliste, mais
compréhensive.
La colline désignait une éminence isolée située à faible distance de la caserne, en
direction de l'intérieur des terres. Le terrain alentour était particulièrement accidenté et
des formateurs avaient cru bon autrefois d'y tracer une piste pour l'entraînement des
recrues. Cette sente décrivait des méandres insensés tout en formant une boucle autour de
l'éminence, au coeur d'une végétation plutôt dense et en traversant des étendues de
rocailles et de sable. Quand le sergent voulait nous faire souffrir, il nous demandait
parfois d'en effectuer deux tours en courant. Je comprenais très bien le désarroi de mon
jeune camarade car je n'étais moi-même pas certain de réaliser l'exploit d'en accomplir
quatre avec une vingtaine de livres sur le dos.
Moins de dix minutes plus tard, nous arrivâmes en bordure de la piste en question. Le
sergent nous donna alors ses ultimes consignes.
· " Vous partez ensemble. L'objectif est d'accomplir les quatre tours sans faire de pause
et d'arriver au bout le premier. Et pas de coups bas entre vous ! Je vais monter sur la
colline et si j'en vois un de là-haut qui ralentis les autres ou qui essaie de se reposer, je
le colle en cellule pendant trois jours et il s'expliquera ensuite avec le capitaine en
personne ! Compris ?
· Oui, sergent !
· Bien. C'est parti, les filles. "
Le calvaire put alors commencer. Lors du premier tour, nous restâmes tous groupés,
presque solidaires dans l'effort. Le parcours était jalonné d'une multitude d'obstacles
naturels qui étaient cependant franchissables par des hommes vigoureux en pleine
condition physique. Mais ces pièges devenaient de plus en plus difficiles à appréhender
en même temps que la fatigue nous faisait perdre en lucidité.
Alors que nous entamions notre deuxième tour, Duncan accéléra l'allure pour se détacher
du groupe. Cela ne m'étonna pas de sa part car, s'il était toujours le premier à se plaindre
des exercices que nous subissions, c'était surtout en raison de son mauvais caractère.
Trapu et bien bâti, il était rare de voir le bougre réellement harassé. Je fus par contre plus
surpris quand Khelben s'élança à sa suite. Il nous restait encore beaucoup à parcourir
mais si ces deux-là se montraient capables de poursuivre jusqu'au bout sur ce rythme, je
n'avais aucune chance de les rattraper par la suite.

Si Joan désire ménager ses efforts.

S'il préfère rejoindre les échappés.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article