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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Je dissimulai ma bourse à l'intérieur de ma chemise, saisis mon gourdin d'une main, puis me redressai de toute ma hauteur sur le siège, tentant le tout pour le tout. Les malandrins cessèrent de courir quand ils me virent ainsi les défier et je les apostrophai avec assurance sans leur laisser le temps de réagir.
− Doucement, les amis. Si vous cherchez à me prendre mes biens, vous allez être très déçus. Voilà tout ce que j'ai ! » Ostensiblement, j'écartai les bras d'un air théâtral en priant pour que le renflement de ma bourse ne déformât pas mes habits. » C'est sûr que si vous êtes en manque de vêtements trop grands ou si vous avez toujours rêvé de posséder une
bonne grosse massue en chêne, vous pouvez me les demander mais je ne vais pas vous les servir sur un plateau.
Sur ces paroles, je redressai mon arme rudimentaire tout en les regardant dans le blanc des yeux. Mon attitude de matamore et ma position dominante les firent hésiter comme je l'avais escompté. Ils avaient le loisir de constater ma musculature et ma haute taille, surtout que, même à terre, je les eus dominés de presque une tête chacun tant ils étaient malingres. Comme l'un d'eux tentait de distinguer le contenu du chariot, je m'emparai avec promptitude d'un sac et en écoulai une petite partie du contenu à terre.
− A moins que vous ne souhaitiez faire bombance de haricots secs ?
surenchéris-je avec moquerie. C'est à vous de voir si vous souhaitez m'acheter tous ces trésors. Je suis prêt à vous les livrer et il vous en coûtera simplement une bonne bastonnade.

Ma vantardise les agaçait mais ils ne parvenaient pas à trouver une faille dans ma démonstration. Je tentai alors de porter le coup de grâce en abandonnant mon ton belliqueux pour leur parler avec connivence.
− Par contre, il y a quelques minutes, j'ai croisé un voyageur à pied qui était pressé de gagner la capitale pour y écouler des pierres précieuses.
Des pierres brutes, mais des gemmes quand même, des vraies. J'ai discuté un peu avec lui, c'est un prospecteur complètement inoffensif mais qui vient d'avoir un gros coup de chance. Si vous vous battez avec moi, ce n'est pas sûr que vous ayez ensuite l'occasion de le rattraper.
Décidez-vous vite car je n'ai pas toute la journée devant moi.
Je ponctuai mon discours en glissant les deux mains autour du manche de mon gourdin. Ils se coulèrent des regards entendus puis l'un d'eux s'écarta pour me laisser passer. Les deux autres l'imitèrent aussitôt et je n'en attendis pas plus pour inciter Bouffi à reprendre la route à bonne allure. Quand je passai à côté d'eux, l'un des brigands cracha sur la carriole.
− T'avise pas de rester dans le secteur ou on te fera la peau, me lança haineusement un autre.
Mais je n'avais cure de leurs invectives car je pouvais poursuivre mon chemin bien vivant et sans même une égratignure. Pas peu fier de ma tentative réussie d'intimidation, je me mis à siffloter entre mes dents après m'être une dernière fois assuré que le trio cheminait bien dans le sens opposé.

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