Lecture des livres dont vous êtes le héros
25 Mars 2014
Une fois le pont de bois franchi, la piste s'élargissait en même temps que se raréfiaient les fourrés en bordure. Cet entretien sommaire de la voie signifiait peut-être que j'approchais enfin du village d’Asguenn. Je ne me trompais point et, au sortir d'un virage qui permettait à la route de contourner un piton rocheux, j'aperçus enfin les premières habitations de la communauté minière.
Les édifices s'alignaient consciencieusement de chaque côté de la chaussée qui constituait ainsi l'unique rue du hameau. Je dénombrai au total une quarantaine de bâtisses, toutes présentant au moins un étage et rivalisant chacune de laideur avec leurs voisines. Quand du minerai précieux fut découvert jadis, des dizaines d'années avant ma naissance, dans les montagnes de Galabad, cette ville poussa comme un champignon et les logements furent bâtis à la hâte avec des matériaux peu coûteux. Toutes les constructions arboraient désormais de sinistres lézardes sur leurs façades et aucune ne se démarquait des autres par son esthétisme. Elles se ressemblaient affreusement et présentaient toutes le même aspect fonctionnel dénué d'âme. Les maisons individuelles étaient rares et la grande majorité du village composée de vastes baraquements dans lesquels dormaient plusieurs familles de mineurs à la fois. Quelques commerces et ateliers d'artisans parachevaient le tableau peu engageant de l'endroit.
Les passants semblaient rares au premier coup d'oeil mais cela ne me surprit guère. Les mineurs travaillaient beaucoup à la belle saison car les premières neiges rendaient les déplacements impossibles en montagne et tous devaient être en train de piocher à cette heure. A l'entrée d’Asguenn, la première maison que je dépassais était une bicoque en
rondins, située quelque peu à l'écart de la route. La porte en était ouverte et on avait entassé à l'extérieur tout un assortiment de vêtements en fourrure.
Si Joan possède une collection de peaux de lièvre.