Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Par chance, la roche dans mon dos présentait un affleurement anguleux sur lequel je m'échinai à frotter la corde nouée autour de mes poignets.
Après plusieurs minutes de ce travail harassant, les liens se déchirèrent sans prévenir. Joan perd 1 point de Vitalité.
J'ôtai dans la foulée ceux qui entravaient mes chevilles puis me redressai en massant mes muscles endoloris sous les regards éberlués des autres prisonniers. Ils commencèrent ensuite à s'agiter en me voyant libre mais le barbu leur intima le silence avant de se tourner vers moi.
− Fais attention, les gardes ne doivent pas être loin, me souffla-t-il.
J'acquiesçai en silence puis m'approchai des planches espacées qui nous séparaient du tunnel. Ce dernier était également éclairé par des torches et je n'y vis personne en faction. Certaines des planches dans la herse de fortune avaient été sciées en deux endroits pour former une porte verrouillée au moyen d'un cadenas. Je n'en crus pas mes yeux quand je
vis la grosse clé en fonte qui en dépassait.
La négligence du geôlier me sidéra mais je pris finalement cet heureux coup du sort comme une compensation pour tous les malheurs que j'avais connus depuis le début de mon voyage.
Derrière moi, un des captifs m'interpella.
− Eh, libère-nous ! Ne nous laisse pas moisir ici.
− Non, s'interposa le barbu. Pars maintenant, petit. Essaie plutôt de trouver où ces sales bandits ont emprisonné Siméon. Il saura comment nous sortir tous de ce pétrin.
− Ce sera trop tard ! glapit le premier prisonnier. Ils vont venir nous tuer avant que quiconque n’ait eu le temps de nous sortir de là.
− Et à plusieurs, nous aurons plus de chance de nous en tirer si les gardes sont dans le coin, surenchérit un autre.
Des murmures d'approbation parcoururent l'ensemble du groupe et tous me supplièrent de leur ôter leurs cordes pour m'accompagner. Mais le barbu haussa la voix.
− Au contraire. Ils vont vite nous repérer si on essaie tous de s'échapper et ils sont bien trop nombreux pour que nous puissions les vaincre. Va t’en, gamin. Cours chercher Siméon s'il est encore temps de le sauver.
Je me trouvais face à un terrible dilemme. Le barbu avait sans doute raison : tout seul, j'avais bien plus de chances de quitter discrètement cet endroit qu'en compagnie des autres prisonniers. Mais par ailleurs, ces Zalténites semblaient d'une cruauté sans égale et je redoutais de laisser ces malheureux dans les griffes des pillards.
Si Joan prend seul la poudre d'escampette.
S'il préfère dénouer les liens des prisonniers et tenter une sortie groupée.