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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Lorsque vous vous éveillez à nouveau le mal de crâne à disparu, et bien que courbaturé de partout vous réussissez à vous redresser. En jetant un coup d'œil circulaire autour de vous vous constatez que vous vous trouvez dans une petite chambre basse de plafond dont les murs sont recouverts d'un crépi abîmé et grisâtre.

Précipitamment vous rejetez vos couvertures et sautez sur le plancher. Votre œil aiguisé captant immédiatement la source de lumière qui éclaire la chambre, vous faites grincer le parquet en vous dirigeant rapidement vers la fenêtre d'où s'échappe de joyeux sifflotements d'oiseaux. La tête vous tourne encore un peu mais au moins la fièvre semble être suffisamment retombée pour que vous ayez recouvré vos forces. En plissant les yeux au maximum à cause du soleil, vous mettez votre main en visière et parvenez à distinguer un petit jardinet assez grossier, au-delà duquel se déploie une forêt à perte de vue dans laquelle - pour peu que vous réussissiez à sortir d'ici- il sera sans doute facile de vous engouffrer.

Mais la fenêtre n'a pas de poignée, vous avez beau la pousser et la secouer comme un forcené, elle est soudée à même le mur, et bien que rudimentaires les barreaux qui l'obstruent seraient impossible à briser sans ameuter toute la maisonnée...

De plus en plus inquiet vous vous adossez au mur pour réfléchir un instant. On vous aurait donc drogué puis transporté durant la nuit jusqu'à cet endroit étrange et reculé... et ce pour une raison que vous ignorez complètement.

Pourquoi vous retient-t-on captif ici ? Et quel est l'interêt de tout ce fichu remu-ménage insensé ? Ce n'est pas en restant ici que vous le saurez finissez-vous par conclure, le mieux reste encore de prendre les devants : la meilleure défense c'est l'attaque. Empressé de connaître le fin mot de cette abracadabrante histoire vous attrapez le chandelier en fonte posé sur la table de nuit et vous dirigez silencieusement vers la porte.

Vous faites timidement tourner la poignée et glissez votre tête par l'ouverture. On dirait une vieille bibliothèque en désordre. Une vielle cheminée est allumée sur votre gauche, des vieux tapis miteux et cotonneux sont jetés sur le sol, la plupart des murs sont entièrement recouverts d'étagères en chêne où des centaines d'ouvrages se disposent à l'étude. Une odeur de renfermé et de papier moisi nappe l'endroit à demi plongé dans la pénombre, bien que les rayons du soleil qui dansent sur les lames du plancher en égayent l'atmosphère.

Parcourant la pièce, votre regard finit par se poser sur un bureau qui trône au centre de celle-ci, il est plein de parchemins et de vieux grimoires, avec, assis à son bord, votre mystérieux hôte, visiblement très amusé par votre air ahuri.

-Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ici ? Laissez-vous échapper après un moment de flottement en pénétrant dans l'étrange séjour, tenant votre arme de fortune glissée dans votre dos.

-Hmpft, vous comptez m'assommer avec le mobilier ? Fronce-t-il des sourcils sans se départir de son air affable. Je me nomme Aldugard, magicien blanc, et je...

-Magicien quoi ? Le coupez-vous en roulant des yeux de plus en plus sur la défensive. -Blanc, magicien blanc, blanc parce que je pratique la magie bénéfique. Cela fait bien

longtemps que je cherche à vous mettre le grappin dessus mon ami !

Son chaleureux sourire vous fait frissonner l'espace d'un instant. Impossible d'en connaître la nature véritable, il ne cherche peut-être qu'à gagner du temps en attendant que des hommes armés débarquent dans la pièce. Son regard vif planté dans le vôtre vous remplit de méfiance. -Je...Suis-je devenu fou ?

Jetant un regard angoissé sur la porte d'entrée, votre main moite resserre son étreinte sur le chandelier. La pression à son comble, vos oreilles commencent à émettre un bourdonnement assourdissant.

-Hé bien non (il tire sur sa barbe machinalement comme s'il cherchait ses mots) c'est que votre monde vous savez, là d'où je vous ai tiré, ce monde n'est pas ce que vous pensez, ceux qui le dirigent ne sont pas ce qu'ils semblent être, tout ça est à l'origine d'une violation du droit sacré...

-Je ne veux... Je ne comprends... je ne comprends rien ! Ne t'avise pas de t'approcher pas de moi ! Glapissez-vous livide ne pouvant plus tenir en place en le menaçant.

Le vieil homme vous considère d'un air inquiet tandis qu'autour de vous la pièce se met à tanguer comme en plein naufrage. Sa voix se distend jusqu'à n'être plus que de lointains chuchotements... votre vue se brouille, aveuglé vous tentez d'esquisser un mouvement et perdez l'équilibre, votre tête heurte violemment le sol.

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