Lecture des livres dont vous êtes le héros
21 Mars 2014
Abandonné à la contemplation de l'immensité céleste parsemée d'étoiles, seul royaume ayant échappé à la laideur du monde, vous êtes tiré de votre rêverie par un grognement étrange. Vous-vous redressez sur votre séant pour apercevoir juste devant vous, une ombre inhumaine.
- Réveille-toi ! bouillonne-t-elle...
«Debout sale chien !» Vous ouvrez un œil, réveillé en sursaut par les cris gutturaux du contremaître. Ca a commencé il y a environ quatre mois, d'abord espacé, ce rêve, ou est-ce plutôt un cauchemar, vous semble à chaque fois un peu plus réel, vous livre à chaque fois à un réveil d'autant plus difficile à négocier. Suivant toujours cet impérissable schéma, cet immuable scénario solidement planté à la lisière de votre conscience en dépit des sentiments nouveaux qu'il réveille en vous au fil du temps... D'abord, la lumière radieuse des étoiles plongée dans votre regard semblant moquer votre petitesse de toute leur inaccessible splendeur, perdues dans cette infinitude de mondes que jamais - vous le savez- vous n'explorerez. Cet instant de béatitude est rapidement rompu lorsque ce râle vous interpelle, il est rauque, rocailleux, rampant dans le silence nocturne.
C'est ainsi que cette... silhouette inquiétante dont vous n'avez jamais pu identifier les traits vous exhorte à vous réveiller. Et instamment c'est ainsi que les choses se déroulent. Au début vous n'y prêtiez que peu d'attention, vos journées se ressemblant toutes, votre esprit n'ayant rien de nouveau à se mettre sous la dent, n'aurait donc rien d'autre à produire en songe, non ? Vous n'y aviez vu qu'un signal insensé, de stupides élucubrations d'une conscience sclérosée bafouillant n'importe quoi.
Pourtant ce rêve devint très rapidement votre seule échappatoire. Le seul moment où la peur quittait vos tripes. Vous devinant plus que vous ne vous devinez vous-même, il crût en vous au fil du temps comme un objet de fascination devenu la seule source d'exaltation dans votre misérable existence. La seule capable de maintenir la sensation de ne pas être qu'une foutue machine organique. Habillant vos jours de vos songes nocturnes, il est de ces phénomènes, étrangers à la raison, qui échappent aux lois établies par l'esprit. Vous le simple anonyme noyé parmi la masse, le pauvre orphelin de guerre n'ayant ni lieu de vie ni famille restante, utilisé comme main d'œuvre sur les nombreux chantiers et ruines environnants ce pays mutilé de cicatrices comme autant de stigmates d'un monde défiguré.
Que les chantiers succèdent aux ruines puis aux architectures n'y changera rien. Leur seule fonction assumée et avouée, est la domination. Une domination enchevêtrée à la conscience des masses tissant ses barbelés tout autour comme une monstrueuse araignée.
Ponctuant ses dires le cinglant coup de pied dans les côtes du contremaître vous arrache un râle sourd, et vous vous tordez sur vous-même.
-Lève-toi misérable ! Tu vas me finir d'aller casser ce mur et plus vite que ça. Lance-t-il par dessus son épaule avant de quitter la tente.
Il laisse à votre disposition pour ce faire, une masse que vous pouvez noter comme arme dans votre feuille d'aventure et qui vous permet des DOMMAGES équivalents à 1 D + 1.
Mais qu'allez-vous décider de faire à présent ?