Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Avril 2014
Vous présentez votre laissez-passer et les gardes relèvent leurs hallebardes en vous souhaitant la bienvenue au château du Seigneur Prince Voltarn.
Un des gardes vous escorte jusqu'à la salle d'audience et vous fait signe de patienter. Cette salle luxueuse a été bâtie pour impressionner le visiteur : le siège sur lequel vous êtes assis est sculpté dans du bois précieux et le sol est couvert de marbre rose du plus bel effet. De grandes statues de cristal sont disposées ça et là, toutes dédiées à la gloire de Voltarn. Aux murs sont accrochés des tableaux retraçant les nombreux faits d'armes de celui-ci ; vous n'êtes pas tout à fait dupe de cette propagande, Voltarn ne passant pas pour être le guerrier exceptionnel qu'il prétend.
Après une bonne demi-heure d'attente, une petite trompette retentit et un garde vous annonce avec pompe l'arrivée de Voltarn 1er. Un simple coup d'œil suffit pour confirmer votre intuition : ce personnage est atteint d'une mégalomanie qui n'a d'égale que le ridicule de sa tenue : son chapeau en feutrine verte est orné d'un imposant plumeau jaune et de rubans dorés ; une chevelure abondante d'un blond éclatant couvre une tête bouffie d'orgueil. Son pourpoint rouge vif, ouvert sur le devant, laisse entrevoir une chemise luxueuse, le baudrier de couleur or passe par-dessus son épaule droite et vient soutenir une épée dont le pommeau est constitué d'un énorme diamant. Les hauts-de-chausses multicolores d'un goût douteux contrastent avec ses souliers vernis noirs sur lesquels se trouve là encore des rubans dorés. Dans sa main gauche, il porte un sceptre en or massif.
Après quelques secondes à vous observer d'un air dédaigneux, il s'adresse à vous d'une voix hautaine :
- Que me veux-tu, manant ? Sache que mon temps est précieux !
Vous lui expliquez rapidement votre mission et votre rencontre avec son cousin Thorgan.
- Ce vil faquin me snobe depuis des années et là il m'envoie un cul-terreux ! Garde !! Arrêtez cet intrus !
Vous n'avez pas le temps de fuir qu'une escouade d'une vingtaine d'hommes vous tombe dessus ! Vous êtes capturé et emmené dans une cellule humide au cœur de la tour ouest.
Vous hurlez à travers les barreaux pour qu'on vienne vous libérer. Vous avez beau clamer votre innocence à qui peut l'entendre mais rien n'y fait : personne ne vient.
Une journée entière s'écoule sans que voir âme qui vive, l'estomac tordu par le manque de nourriture.
C'est seulement tard le soir qu'un garde daigne vous apporter dans une gamelle en fer toute bosselée une sorte de ragoût et un broc d'eau saumâtre.
Puis il va s'asseoir sur un petit tabouret à quelques mètres de vos barreaux, avant de s'endormir. Malgré la faim qui vous tenaille, vous n'osez toucher les mets « délicats » qui vous ont été apportés, concentré que vous êtes sur le trousseau de clef qui pend à la ceinture de votre geôlier. Seulement, le garde est trop loin pour que votre main puisse atteindre les clefs : il faudrait trouver un moyen pour que ce garde vienne ouvrir la porte. Vous tombez lourdement au sol et vous gémissez en vous tenant le ventre. Le garde va-t-il tomber dans votre ruse grossière ?
Tentez votre chance !