Lecture des livres dont vous êtes le héros
3 Mai 2014
Votre épée siffle encore une fois, et le dernier guerrier s'écroule à vos pieds en émettant un gargouillis sinistre, la gorge proprement tranchée. Vous remettez en soupirant votre épée au fourreau en vous tournant vers le corps sans vie de votre infortuné compagnon. Mais vous sursautez aussitôt : il a dis paru ! Et quand l'instant d'après vous vous retour nez, ce sont les cadavres de vos adversaires qui se sont à leur tour envolés ! Voici que Bel Gath, le dernier des Grands Dragons et Gardien de la Clairière des Rêves, s'avance vers vous d'un pas majestueux Son vaste corps de bronze qu'illumine l'éclat dansant des torches ne porte plus la moindre trace des horribles blessures qui le déchiraient quelques minutes auparavant ! Il vient se coucher devant vous et pose sa lourde tête sur une patte, de sorte que ses grands yeux d'or se trouvent au même niveau que les vôtres, dans lesquels ils viennent se fixer. Vous souvenant du vieil adage qui veut que devienne fou celui qui regarde un dragon dans les yeux, vous détournez aussitôt la tête.
- Quel combat magnifique, Issel ! Un tel haut fait mériterait d'entrer dans la légende, vous complimente le dragon de son énorme voix caverneuse. Mais, dis-moi, pourquoi as-tu agi ainsi, pourquoi avoir pris ma défense ? Tu ne me devais pourtant rien ?
Haussant les épaules d'un air las, vous répondez laconiquement :
- C'était une question d'honneur.
Les yeux du dragon ne sont plus que deux minces fentes qui vous fixent avec encore plus d'intensité, tandis qu'il vous interroge à nouveau :
- Tu veux dire que tu as risqué ta vie pour une simple question d'honneur ?
Vous secouez la tête :
- Non, pas uniquement. En fait, je n'avais pas le choix. Si je m'étais contenté de m'en aller sans même essayer de les empêcher de vous torturer, je me serais fait leur complice. Passivement, certes, mais quand même complice. J'aurais été en partie responsable de l'acte ignoble qu'ils commettaient, de la souffrance qu'ils vous causaient. Et cela, je ne pouvais m'y résoudre.
Un long silence s'établit, seulement rythmé par la lente respiration de la puissante créature. Puis l'énorme gueule du Grand Bel Gath s'entrouvre à nouveau pour parler. Mais son habituelle voix grondante s'est changée en un murmure d'une étonnante douceur :
- Honneur et responsabilité... les deux vertus qui sont le plus nécessaires aux rois.
Vous restez un moment muet, sans comprendre ce que signifient pour vous ces paroles. Puis, les yeux soudain agrandis par la stupéfaction, vous relevez la_tête pour interroger le Gardien du regard. Il hoche doucement la tête en souriant avant de proclamer d'une voix qui fait à nouveau trembler le sol de la caverne :
- Le roi Théo n'est plus. Vive le nouveau roi de
Franzos ! Longue vie au roi Issel !