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La toute puissante magie de Merlin

La toute puissante magie de Merlin

les invasions n'ont jamais été une partie de plaisir (à moins, bien entendu, d'appartenir à la horde des envahisseurs). Les invasions saxonnes étaient les pires de toutes. Des géants velus sautaient à bas de leurs gigantesques vaisseaux velus et fonçaient sur les plages, brandissant leurs épées, bandant leurs arcs et poussant des clameurs sauvages. Ensuite, comme il était évident que personne n'avait remar­qué leur arrivée, ils déferlaient sans encombre sur la paisible campagne d'Avalon, en pillant, en mettant à sac, en brûlant des villages entiers. Bref, ils se conduisaient de façon parfaitement intolérable. Or, il fut un jour ou le roi Arthur et ses preux Chevaliers de la Table Ronde décidèrent de se débarrasser à jamais de cette plaie.

Enrayer une invasion saxonne n'a jamais été une partie de plaisir. Les Saxons, farouches guerriers — gigantesques et brutaux —, avaient mis au point toutes sortes de coups tordus et maniaient de façon redoutable leurs épées à double tranchant, qui infli­geaient à leurs adversaires des blessures terribles, sinon mortelles. Après plusieurs invasions, certains parmi les moins courageux des Chevaliers (Mordred, par exemple) commencèrent à envisager un accord possible avec les Saxons. Cet accord, tel que le définissait Mordred, consistait à leur donner de vastes étendues de terres anglaises de première qualité, en espérant que, satisfaits, ils laisseraient en paix le peu de terre restant à autrui. L'idée n'était pas aussi stupide qu'on aurait pu le croire, et le roi Arthur envisageait sérieusement de la mettre en application lorsque les Saxons envahirent une fois de plus le Royaume d'Avalon. Il envoya donc un messager au chef des barbares, un grand escogriffe du nom de Entwhistla, pour exposer cette généreuse proposition. Mais Entwhistla renvoya le messager amputé de ses deux oreilles, ce qui, tout le monde en convint, équivalait de toute évidence à un refus, et un refus exprimé de façon fort grossière. Le roi Arthur et ses Chevaliers, en conséquence, se préparèrent une fois de plus à combattre. Pour le Roi, cette perspective signifiait qu'il fallait, tout d'abord, épousseter Excalibur.

Un mot sur Excalibur ne serait peut-être pas de trop ici. La fameuse épée n'était pas, comme beaucoup le pensaient, celle que le jeune Arthur avait extirpée d'une pierre afin de revendiquer le trône d'Avalon. Cette épée-là avait été achetée par l'Enchanteur Merlin et accidentellement incrustée dans la pierre parce que l'un des sortilèges avait échoué. Mis à part le fait qu'elle avait aidé Arthur à se faire proclamer roi, cette épée n'était en fait que l'œuvre banale de l'art d'un forgeron.

L'épée Excalibur, en revanche, était une arme magi­que, une lame forgée grâce à des Sortilèges si puis­sants qu'elle pouvait d'un seul coup fendre un éléphant en deux. Comme il n'existait pas d'éléphants à Avalon — même en ces temps reculés —, le roi Arthur, en homme sensé, s'en servait contre ses ennemis et les ennemis d'Avalon, si bien qu'il gagnait pratiquement tous les combats qu'il prenait la peine de livrer. Plus important encore, la nouvelle des pouvoirs magiques de l'épée se répandit si rapi­dement, que ,au bout de peu de temps, Arthur constata qu'il avait de moins en moins d'ennemis et de moins en moins de combats à livrer. Excalibur sauvegardait la paix.

Le mystère était total quant à savoir comment le Roi s'était procuré Excalibur. Merlin prétendait l'avoir fabriquée. Mais, bien qu'il possédât d'indéniables talents de sorcier, ses familiers savaient que créer une telle arme dépassait de loin ses pouvoirs. (Il avait, reconnaissons-le, réussi à fabriquer une ver­sion mineure d'Excalibur pour Pip, le mystérieux jeune guerrier ; mais il était allé, pour ce faire, à l'extrême limite de ses dons magiques. Excalibur Juinior (E.J. pour les intimes) infligeait 5 Points de Dommage supplémentaires (+ 5) à ses ennemis, alors que la véritable Excalibur en infligeait 10.) Arthur discutait rarement de ce problème avec qui que ce soit, mais la reine Guenièvre avait une fois laissé entendre que l'épée avait été donnée à son mari par la Dame du Lac, personnage magique appartenant sans doute davantage au monde des fées qu'à celui des humains. Bref, il régnait une confusion certaine quant à l'origine d'Excalibur.

Quand elle ne servait pas sur le champ de bataille, Excalibur était gardée dans la Salle du Trésor du Château de Camelot, avec d'autres objets impor­tants, tels que le Globe et le Sceptre, la Couronne Royale et les Aigles de la Légion (ces derniers ayant été conquis par le père d'Arthur , Uthur Pendragon, durant les derniers jours de l'occupation romaine d'Avalon). C'était à la Salle du Trésor qu'Arthur se rendait maintenant, suivi par une cohorte disparate de ministres, de conseillers et de pages. Et ce fut dans cette salle que le roi Arthur découvrit qu'on lui avait barboté Excalibur.

Maintenant.

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