Lecture des livres dont vous êtes le héros
1 Juillet 2014
Vous arrivez en pleines festivités, Pip. Vous venez d'entrer dans une vaste salle où de joyeux convives sont installés derrière des tables en pin luisant, ou est servi un festin. Pas étonnant qu'il y ait eu autant de nains à faire la queue pour entrer. Voilà comment fonctionne sans doute le système des jetons : récoltez-en suffisamment grâce à votre bonne conduite ou en travaillant dur, ou par n'importe quel autre procédé, et vous avez ensuite droit à un banquet gratuit avec Sa Majesté le Roi.
Vous jetez un coup d'œil alentour, notant chaque détail avec soin, à la recherche en particulier d'une trace de la fameuse épée Excalibur qui pourrait très bien se trouver ici, quoi qu'en dise le Livre d'Histoire du Musée. Il y a des serveurs qui servent, des harpistes qui jouent de la harpe, des jongleurs qui jonglent, des chanteurs qui chantent, et toute une foule de nains parfaitement plébéiens en train de s'empiffrer des mets les plus raffinés (rôti de porc aux pommes de terre, suivi de glace et de crème renversée). A la Table d'Honneur, souriant et débonnaire derrière une chope de bière mousseuse, est assis un personnage de haute taille — pour un nain, s'entend. Vous le reconnaissez aussitôt, pour avoir vu son portrait au Musée. C'est le Roi Blagwort. Ou bien est-ce Blogwort ? Non, ici ce doit être Blagwort. Vous frayant courageusement un chemin parmi la foule, vous tentez de vous approcher de lui, mais deux gardes nains vous barrent le passage.
— Excusez-moi, dites-vous d'un ton aimable, mais en posant discrètement la main sur le pommeau de votre fidèle épée ; je désirerais parler au Roi.
— Pourquoi voulez-vous donc déranger Sa Majesté ? demande l'un des gardes. Trouvez-vous donc une place et prenez plutôt de la crème renversée.
— Écartez-vous ! déclarez-vous alors d'un ton un peu plus impératif. Je dois voir le Roi de toute urgence.
— Allons, fait le garde, patient, en vous prenant par le bras. Venez donc avec moi sans faire d'histoires et on vous trouvera une bonne tranche de...
— Lâchez-moi, maraud ! rugissez-vous, en dédaignant à demi E.J., qui en profite pour ajouter :
— Parfaitement, maraud, lâchez-le !
Mais, avant que l'incident ne puisse dégénérer, l'accrochage a attiré l'attention du Roi qui s'écrie :
— Laissez approcher cet étranger. Ce n'est pas souvent que nous avons la chance d'accueillir nos sujets de province.
— Votre Majesté, déclarez-vous lorsque les gardes s'écartent pour vous laisser passer, je ne suis pas l'un de vos sujets. Je suis un envoyé de Camelot la Cours du Roi Arthur !
— Tu parles, Charles ! s'exclame le Roi avec la plus grande distinction. Qu'est-ce qui vous amène au Palais Blagwort ?
— Je suis à la recherche de la fameuse épée Excalibur, qui a été volée à mon Seigneur et Maître il y a longtemps déjà, et dont l'absence peut conduire Avalon à la ruine.
La ruine... ruine... ruine... Le mot se répercute à travers la grande salle où un silence mortel s'est établi quand vous avez prononcé le nom d'Excalibur. Le Roi Blagwort, dont le sourire s'est effacé, se penche vers vous.
— Excalibur, vraiment ? s'exclame-t-il avec colère Eh bien, vous vous trompez d'endroit, car la fameuse épée est cachée dans le donjon de mon misérable frère Blogwort qui l'a volée pour galvaniser ses bons à rien de sujets et essayer de me dépouiller de cette partie du Royaume qui m'appartient de droit !
Un tableau un peu partial de la situation, sans aucun doute ; mais voilà néanmoins des renseignements intéressants et utiles. Vous vous inclinez cérémonieusement.
— Dans ce cas, Votre Majesté, je ne vous dérangerai pas plus avant ; je me hâterai de gagner le donjon ce votre misérable frère pour m'emparer de l'épée et la rapporter à Camelot.
A cette courageuse déclaration, des acclamations fusent dans la foule fascinée des convives. D'un geste, le Roi ramène le silence.
— Plus facile à dire qu'à faire, noble Aventurier. Il faut, pour commencer, réussir à pénétrer dans le misérable château de Blogwort. Possédez-vous quatre jetons d'étain ?
Après vous être livré à un rapide inventaire de vos biens, vous secouez la tête.
— C'est bien ce que je craignais, reprend le Roi. Je peux fort heureusement vous venir en aide, car l'un de ces affreux jetons, que je vous donnerai volontiers, est enfermé dans un cachot. Le seul problème, c'est que mon sorcier a posé une serrure magique sur la porte qui n'est pas du tout facile à franchir. Venez avec moi, je vais vous montrer...
Vous suivez le Roi qui sort de la salle à manger, s'engage le long d'un couloir, descend un escalier de pierre fort raide et suit un nouveau couloir qui aboutit à une étrange porte en forme de croix. La porte, comme vous le constatez, s'ouvre facilement sur une petite pièce. Mais sa forme particulière ne vous permet pas de la franchir.
— Vous voyez, dit le Roi. C'est ça, la magie. Heureusement, il est possible de modifier l'entrée pour qu'elle prenne la forme d'un carré, ce qui vous permettra de la franchir sans peine.
Possible, mais pas si simple. Jetez un coup d'œil au croquis figurant ci-dessous. Imprimez-le, puis découpez-le en suivant les pointillés. Lorsque vous aurez assemblé les quatre parties de façon qu'elles forment un carré, vous pourrez déchiffrer le message qui vous indiquera à quel paragraphe vous rendre.
Si vous choisissez :