Lecture des livres dont vous êtes le héros
20 Juillet 2014
Quand dix heures du soir sonnent à l'horloge du salon, Charlie Pardoe ferme les portes de la cuisine du bureau et du salon. Puis il vérifie que la porte d'entrée et celle de la cave sont bien verrouillées. Une fois ce rituel accompli, il gagne le palier du premier étage, lieu que vous avez choisi ensemble pour monter la garde, et vous le suivez. Vous allumez votre torche et vous la posez sur la table, avec le revolver et une baïonnette ainsi que - au cas où - deux verres et une bouteille de whisky. Vous occultez la lampe et vous commencez votre veille dans le noir. Il y a peu à faire pour passer le temps, Si ce n est guetter les bruits de la maison et ressasser les. pensées qui s'agitent dans votre esprit. Vous finissez par vous assoupir, mais vous êtes secoué de temps .en temps par votre compagnon, plutôt tendu.
Soudain, le «plop» caractéristique d'un bouchon qui saute vous réveille d'un coup.
_ Quelle heure est-il? demande Pardoe. Ma montre s'est arrêtée à onze heures et demie.
Vous sortez votre montre-gousset et vous regardez l'heure à la faible lumière qui s'échappe du rabat de la lampe: minuit et quart. Vous vous apprêtez à en informer Charlie, quand un grincement résonne à l'autre bout du palier.
_ Tu as entendu, chuchote Pardoe, c'est la porte de la chambre de ma mère ...
Vous tendez tous deux l'oreille, mais un profond silence fait suite au grincement. Un silence plus pesant à chaque seconde qui passe, comme s'il couvrait l'approche d'une créature invisible, flottant dans l'obscurité. Le suspense est rompu par un autre gd'"ncement, celui d'une porte qui s'ouvre toute grande. Un bref silence, puis la porte se
referme en claquant, avec une force telle que les murs de la villa vibrent et qu'un des verres, sur la table, vacille. Un rai de lumière perce soudain l'obscurité et éclaire le palier. Pardoe pousse un cri et bondit de sa chaise pour s'élancer vers la chambre de sa mère. Attrapant le revolver au passage, vous suivez votre compagnon qui entre en trombe dans la pièce. Personne.
_ Je ne comprends pas! s'exclame Pardoe, nous avons bien entendu la porte s'ouvrir et se refermer ?
Un faible grincement en provenance du palier lui répond. Vous vous retournez d'un bond et vous traversez le palier: la porte de la salle de bains est entrebâillée. Cette pièce aussi est vide, et il y flotte une odeur indéfinissable, douceâtre et étrangement malsaine. Alors que vous essayez d'identifier l'odeur, un autre claquement de porte résonne, au rez-de-chaussée cette fois-ci, suivi rapidement d'un troisième. Vous gagnez le haut de l'escalier et vous regardez par-dessus la rampe en éclairant avec votre torche. Le faisceau lumineux balaie les portes du salon et du bureau, toutes deux fermées. Un épais silence est retombé sur les lieux. Au bout de quelques secondes, vous descendez prudemment dans le hall. Vous remarquez une tache humide sur le linoléum; d'autres marques, aux contours flous et indistincts, traversent le hall et se regroupent devant les portes du salon et de la cave. Il y a même une empreinte qui passe sous la porte de la cave. Pardoe, qui vous a rejoint, vous agrippe par le bras:
- La porte de la cave est toujours fermée à clef, en plus j'ai vérifié avant que nous montions. Et c'est moi qui ai la seule clef !
Sur ces mots, il avance d'un pas et fait tourner la poignée: la porte est toujours fermée à double tour. Il plonge alors la main au fond de sa poche de pantalon et en ressort un trousseau de clefs. A peine a-t-il ouvert la porte de la cave qu'une odeur nauséabonde et fétide lui saute aux narines, le forçant à reculer. Vous bloquez votre respiration et avancez
jusqu'à la première marche de l'escalier de la cave pour sonder l'obscurité du regard. La cage d'escalier est déserte, à l'exception d'une chose blanche et petite qui se tortille à vos pieds. Pardoe se penche pour l'examiner et recule avec dégoût:
- C'est un asticot! s'écrie-t-il.
Vous descendez dans l'obscurité silencieuse et vous suivez les traces humides et floues qui vous mènent à la cave du fond. Les marques sillonnent le sol, témoignage des pas légers d'une créature inconnue qui est allée et venue dans le noir, laissant flotter des relents écœurants derrière elle, dans l'air humide. Le puits, dans le coin, offre lui aussi un témoignage silencieux, celui de sa margelle encore mouillée; mais pourtant le faisceau de votre lampe montre que la surface de l'eau est parfaitement lisse, et que rien n'y est immergé. Vous quittez tous deux la cave et vous vous enfermez dans la chambre de Pardoe, montant la garde à tour de rôle jusqu'à l'aurore. Aucun autre incident ne survient
et le lever du jour vous trouve fatigué mais impatient de reprendre l'enquête.
Si vous voulez retourner au cours normal de votre enquête, rendez-vous au Répertoire des Indices.