Lecture des livres dont vous êtes le héros
18 Juillet 2014
La villa des Broom est en fait une petite ferme. Quand vous arrivez, Mme Burdock est en train de surveiller une fournée de pain, aussi vous demande-t-elle si cela ne vous gêne pas qu'elle vous reçoive à la cuisine. Vous vous empressez de rassurer cette charmante personne. Mme Burdock a environ vingt-cing ans et porte ses cheveux blonds relevés en chignon seyant ; ses manières sont franches et chaleureuses.
- Je suis en train d'essayer mon nouveau fourneau, vous explique-t-elle. Je l'ai reçu hier. L'autre était fichu depuis un bon moment !
Elle vous sert une tasse de tisane et répond sans hésiter à votre question :
- C'est exact, M. Harrington est venu ici le 5 octobre. Il est arrivé plus tard que d'habitude, une bonne heure plus tard, en fait. Il m'a paru fatigué et soucieux, et je lui ai donc proposé de s'asseoir et de prendre une tasse de thé. Il m'a dit qu'il avait eu une longue journée, qu'il venait de passer chez les Dovecote et que nous étions sa dernière visite. Il est resté à peu près une demi-heure mais tout d'un coup il a vu l'heure qu'il était et il s'est affolé ; il m'a dit qu'il devait partir, sinon sa femme allait s'inquiéter. Mme Harrington n'est pas toujours commode, à ce qu'il paraît. Le ciel était couvert et il faisait déjà bien sombre quand il est parti, vers six heures moins dix.
Mme Burdock ouvre le four, laissant s'échapper la bonne odeur du pain frais. Vous lui demandez si M. Harrington a pris le loyer, et sous quelle forme il a été payé. Elle hésite un instant, avant de répondre :
- Je crois que Jack, mon mari, l'a payé en liquide. M. Harrington préférait le liquide. Vous savez, je ne crois pas que Jack lui ait demandé une quittance.
Mme Burdock tourne un visage inquiet vers vous :
- J'ai entendu dire qu'on n'avait retrouvé pratiquement aucune des affaires que M. Harrington avait sur lui. Pensez-vous que lady Holden va réclamer l'argent de nouveau ? Si elle le fait, je ne sais pas ce que nous y pourrons... Voyez-vous, nous ne demandions jamais de quittance parce que M. Harrington gardait trace de toutes les transactions ; il inscrivait le loyer sur son carnet, devant nous, et comme ça nous savions que tout était en règle.
La porte du fond s'ouvre sur M. Burdock qui avance dans la pièce à pas bruyants. C'est un homme bien bâti, aux traits rudes et à l'abondante chevelure brune. Il porte une grosse veste marron qui a un accroc fraîchement reprisé à la manche. Mme Burdock lui demande s'il a fini son travail à la grange.
- Oui, ça y est ! J'ai retourné toutes les bottes !
Sur ces mots, il avance vers vous et vous serre vigoureusement la main, tandis que son épouse vous présente. Burdock hoche la tête :
- C'est terrible, ce qui est arrivé à Will Harrington. Je le connais depuis toujours et je ne vois pas qui pourrait lui vouloir du mal. Tout le monde l'aimait et le respectait, dans la région. En cas de difficulté, il se montrait toujours compréhensif. C'est ce qui fait penser que c'est sans doute un vagabond qui l'a attaqué, mais la police dit que c'est John Packham, et s'ils le disent c'est qu'ils ont de bonnes raisons de le penser. Nous avons appris qu'il y avait un ennui quand Ernest Harrington est venu frapper à la porte. Heureusement, j'étais encore debout car j'essayais de faire les comptes - nous avons eu une bonne année. Pendant que John et Ernest cherchaient M. Harrington sur la route, je suis allé prévenir la police. Nous avons trouvé le mouchoir et les autres affaires le lendemain matin, dans un bosquet pas loin de la route, sur le terrain de Harry Rusk. C'est à environ un quart d'heure de marche d'ici, ce qui fait presque à mi-chemin de la maison de Will Harrington.
Si vous voulez aller chez les Dovecote.