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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Le brigadier Wimbourne vous accompagne à la cellule du prisonnier. Elevant un peu la voix pour couvrir le cliquetis des clefs, il vous explique qu'il est persuadé que le meurtre a été commis par un vagabond ou un vendeur itinérant.

- Ce John Packham m'a tout l'air d'un gaillard inoffensif. Si vous voulez mon avis, je dirais qu'il n'est pas très malin et sujet à de brusques coups de tête. Ce qui ne l'empêcherait pas, bien sûr, d'avoir tué M. Harrington.

Arrivé devant la cellule, le brigadier jette un coup d'oeil par le judas puis il fait tourner une grande clef dans la serrure. La porte s'ouvre vers l'intérieur en grinçant et vous pénétrez dans une petite pièce miteuse aux murs en briques. John Packham est affalé sur le lit, prostré. En entendant la porte se refermer, il se redresse et se passe la main dans les cheveux. Vous lui demandez de vous raconter tout ce qu'il sait concernant le 5 octobre et les événements liés à cette journée.

- Je ne sais rien sur le meurtre, déclare-t-il. Tout ce que j'ai raconté, c'était seulement parce que j'avais la police sur le dos et que ma mère et mon frère ne faisaient rien pour m'aider. Ils savaient que j'étais dehors à chercher M. Harrington, ce soir-là, puisque je suis passé, mais ils m'ont dit qu'ils n'osaient pas le dire à la police de peur de se retrouver mêlés à l'affaire et que ça ne m'attire encore plus d'ennuis si on savait que je m'étais arrêté pour boire un verre. Voyez-vous, lady Holden ne supporte pas que les gens boivent et elle en serait devenue verte si elle avait appris que je m'étais arrêté ne serait-ce que pour une chope de bière ! J'avais eu une longue journée ; j'avais construit une clôture puis rangé les outils et la remise. Quand je suis rentré à la maison des gardiens, j'étais tellement épuisé que je suis tout de suite allé m'allonger dans ma chambre. J'ai dû m'endormir, car la première chose dont je me souvienne, après cela, c'est Mme Harrington qui m'appelait. Elle m'a demandé de partir tout de suite voir si son mari était au manoir. Je suis donc allé au manoir et j'ai parlé avec Daisy. Daisy, c'est ma bonne amie et nous allons nous marier - dès que j'aurai économisé assez d'argent. Voilà une autre raison qui fait que Mme Harrington ne m'aime pas : elle a dit à M. Harrington de m'interdire de parler à Daisy sous prétexte que ça interfère avec mon travail, ce qui est complètement faux. En tout cas, Daisy m'a dit que M. Harrington n'était pas dans on bureau, alors je lui ai fait la bise et je suis retourné à la maison des gardiens. J'ai répété à Mme Harrington ce que Daisy m'avait dit, et elle a eu l'air ennuyé. Elle m'a renvoyé aussitôt dehors en me disant d'aller voir sur la route, et de ne pas rentrer tant que je n'aurais pas trouvé son mari. C'était une nuit sombre et nuageuse ; je n'avais pas de lanterne et je n'y voyais donc pas grand-chose, sauf quand la lune perçait. J'ai marché jusqu'à Nethersage sans trouver la moindre trace de M. Harrington. Je ne sais pas quelle heure il était à ce moment-là parce que l'horloge de l'église de Nethersage est cassée. Elle ne marche plus depuis qu'elle a pris la foudre, il y a plus d'un an. Je me suis arrêté chez ma mère pour boire une chope de bière et voir si mon frère Richard pouvait m'aider à chercher, mais il était sorti. Ma mère m'a suggéré d'aller voir sur la petite route. Ce n'est pas vraiment une route, plutôt un chemin de terre qui passe par le sommet de la colline du Pendu et rejoint le sentier d'Enderby, de l'autre côté. Elle m'a dit que M. Harrington l'avait peut-être pris pour voir le coucher du soleil d'en haut. Quand je suis parti de chez ma mère, la lune était complètement masquée et on n'y voyait goutte. Je suis tombé plusieurs fois dans le noir et je me suis accroché la veste à un clou de palissade - c'est comme ça qu'elle s'est déchirée, je le jure ! A la fin, j'ai renoncé à faire tout le chemin de terre et j'ai coupé pour rejoindre la route principale. Je n'avais pas envie de retourner tout de suite chez Mme Harrington parce que je savais qu'elle me passerait un bon savon, si je rentrais sans nouvelles de son mari. Alors, je me suis remis à marcher le long de la route mais, au bout d'un moment, je me suis senti tellement fatigué et j'avais tellement froid que j'ai abandonné la partie et j'ai décidé de rentrer. J'étais presque arrivé à la maison quand j'ai rencontré le jeune Harrington qui venait dans l'autre sens. Il sentait la bière et il m'a demandé ce que je faisais. Puis il m'a réprimandé vertement parce que je n'étais allé chez aucun des locataires. Mais Mme Harrington ne m'avait jamais dit de le faire ! Ensuite, on s'est remis à chercher ensemble, mais ce n'est que le lendemain que le mouchoir a été découvert, et que j'ai enfin pu dormir un peu. La police se trompe complètement. Je n'ai jamais rien fait à M. Harrington et je n'avais rien contre lui. Combien de temps peuvent-ils bien encore me garder ici ?

Faute de pouvoir répondre, vous remerciez John et vous appelez le brigadier pour qu'il vous fasse sortir.

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