Lecture des livres dont vous êtes le héros
19 Juillet 2014
Vous trouvez M. Burridge en train de construire une clôture à la lisière du bois qui est derrière le manoir de Compton. C'est un homme sec et nerveux, avec des yeux perçants et une tignasse châtain clair. Il vous salue d'un hochement de tête et pose son marteau. En vous appuyant contre un tronc d'arbre, vous remarquez un fusil de chatte tout neuf. Burridge vous serre la main et écoute vos questions.
- C'est M. Harrington qui m'a acheté le nouveau fusil, répond-il. Ces derniers temps, nous avons eu des affaires de braconnage dans les bois de Warbury, du côté du bief du moulin. C'est sûrement ce maudit Bidwell, une fois de plus ! Je me sers aussi du fusil pour empêcher les corneilles et les pies de pulluler. Mais il ne s'agit pas de ça ! Aujourd'hui, j'ai dû abandonner mon travail habituel pour finir cette clôture. Le jeune Harrington et John Packham l'avaient commencée il y a un bon bout de temps, pour empêcher les biches de passer. Si on ne la finit pas, tous les jeunes arbres que nous avons plantés pour étoffer ce massif vont être piétinés au printemps. C'est l'arrière-grand-père de lady Holden qui a planté le premier arbre ici, pour abriter le manoir du regard des curieux. Voyez-vous, il y a un sentier qui passe par ici et va au pied de la colline du Pendu, là où les haies marquent la fin du champ. J'ai peur de ne rien pouvoir vous dire de bien utile sur le décès de M. Harrington. C'était un bon intendant et il passait beaucoup de temps au manoir. Ce dont se plaignait sa femme, d'ailleurs. Mais Elspeth et lui ne se sont jamais très bien entendus, il faut reconnaître. Le problème, c'est qu'ils avaient des visions du monde complètement différentes. Elspeth a reçu une éducation très stricte, presque puritaine, et elle en a gardé un sens moral de la même veine, alors que William n'allait pas à l'église et ne partageait pas les points de vue d'Elspeth sur ce que les gens doivent ou ne doivent pas faire. Mais il avait une très bonne relation de travail avec lady Holden, qui lui faisait une entière confiance. Je pense que son travail et son bureau au manoir étaient pour lui une sorte de refuge, qui lui permettait de fuir sa vie à la maison. Quant à John Packham, que puis-je vous dire ? Je crois que le jour en question, il travaillait à cette clôture, mais le jeune Harrington saura cela mieux que moi. A mon avis, c'est un vagabond qui a tué M. Harrington ; un chemineau quelconque qui a vu sa chance et qui l'a saisie. Le 5 octobre, c'était le jour de la foire aux chevaux d'Enderby, qui attire toujours beaucoup de camelots. Vous devriez voir Mme King, la patronne du "Chêne Royal" à Enderby, ou Vieux Mac, pour avoir des renseignements sur la foire. Enfin, c'est bien beau de bavarder, mais le temps passe et il faut que je me remette au travail !
Vous remerciez M. Burridge et vous prenez congé de lui. En partant, vous remarquez dans le massif plusieurs arbrisseaux qui paraissent fraîchement plantés.
Si vous voulez interroger le vagabond, Vieux Mac.