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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Prologue

Prologue

Le télégramme que vous avez reçu à l'heure du petit déjeuner est des plus pressants :

Mardi 27

Viens tout de suite à Appledorn - Travail intéressant - Maman bouleversée - Charlie Pardoe, Villa es Roses.

Vous prenez tout juste le temps d'emballer quelques affaires dans une petite valise, sans négliger d'emporter une lampe et un revolver, et vous courez à la gare de Victoria pour attraper un train du matin. Parti de Londres à dix heures, vous arrivez à Appledorn dans le courant de l'après-midi. La ville balnéaire est plongée dans une douce torpeur. En quelques minutes de marche, vous atteignez Perry Way, jolie rue bordée de villas, tout près de la mer.
La maison que louent les Pardoe, la villa des Roses, se trouve au numéro 7. C'est une vieille demeure pittoresque et trapue, dont la porte et les fenêtres à petits carreaux disparaissent presque sous les branches de rosiers en fleur. Charlie Pardoe vient vous ouvrir, tout essoufflé. Il tient une poignée de mauvaises herbes à la main et il a une binette sous le bras.

- Excuse-moi, j'étais à l'autre bout du jardin. Entre! J'ai mis de l'eau à chauffer pour le thé. Mère
est au salon; vas-y, je me lave les mains et je vous rejoins.

Quand vous entrez dans la pièce, une dame aux cheveux blancs, élégante et soignée, lève les yeux de son tricot et vous adresse un regard chaleureux par-dessus son pince-nez en argent.

- Comme c'est gentil à vous d'être venu! s'exclame-t-elle. Asseyez-vous ici, près de moi. Je
vais tout vous raconter pendant que Charlie prépare le thé. Vous savez sans doute que nous venons ici chaque été; d'habitude nous séjournons en ville, mais cette fois-ci nous avons pensé que nousserions mieux un peu plus près de la mer. Nous avons donc pris cette location pour une courte durée. C'est un endroit charmant, le jour, ne trouvez-vous pas? La plage n'est qu'à quelques minutes de marche et l'église est juste derrière le mur, au fond du jardin.

Mme Pardoe est interrompue par l'arrivée de son fils qui pose le plateau à thé sur un guéridon et se jette dans un fauteuil avec un gros soupir.

- Pouh ! Le jardinage, ça ne pardonne pas, quand on a des habitudes de paresseux! Je rêve d'une bonne tasse de thé ... Et toi? J'imagine que tu n'as pas pu en boire une goutte depuis Victoria! Mère t'a-t-elle tout raconté? La porte qui s'ouvre? Les odeurs?

- Non, mon garçon, je n'ai encore rien abordé de tel, intervient la vieille dame, mais peut-être vas-tu tout expliquer depuis le début?

- Certainement.

Pardoe vous tend à chacun une tasse de thé et se cale dans son fauteuil, avant de commencer son récit:

- Voici. Samedi dernier, dans la soirée, j'étais en train d'écrire dans le salon quand j'ai entendu un bruit ; j'ai cru que c'était ma mère qui s'était levée et qui ouvrait la porte de sa chambre. J'ai pensé qu'elle voulait me dire de monter me coucher et je lui ai répondu d'en bas. Ne l'entendant rien dire, j'ai interrompu ma lecture et je suis monté. La porte de sa chambre étant ouverte, je suis entré pour lui parler mais elle était profondément endormie. Je suis alors allé me coucher. Il était environ onze heures et demie. La même chose s'est produite le dimanche soir, mais il était plus tard, cette fois-ci : aux alentours de deux heures du matin. Je traînais avec un livre quand j'ai entendu du bruit en haut. J'ai crié que je n'allais pas tarder mais, ne recevant pas de réponse, j'ai préféré monter voir la porte de mère était entrebâillée et elle dormait à poings fermés. J'ai tout de suite pensé à des cambrioleurs et, armé de mon seul livre, je me suis mis à fouiller la maison. Je n'ai rien trouvé. En revanche, je suis rentré dans le porte-parapluies, ce
qui a réveillé mère. Elle a affirmé qu'elle n'avait pas ouvert la porte de sa chambre, bien sûr, et elle m'a dit qu'elle n'était pas somnambule. C'est elle qui a remarqué l'odeur en premier. Une sorte d'odeur qui flottait sur le palier, mais qui était plus forte et plus âcre dans sa chambre. Une odeur de cheval, ai-je pensé, mais je l'ai mise sur le compte de mes tentatives de jardinage dans la plate-bande qui est sous la fenêtre. Je dois avouer que tout cela ne me
préoccupait guère, jusqu'à hier soir. Il était, je crois, minuit passé de quelques minutes. J'étais au lit et je somnolais sur mon livre, quand j'ai entendu la porte de mère s'ouvrir puis claquer violemment. Tu peux imaginer que ça m'a réveillé en sursaut! J'ai attrapé ma lampe et j'ai bondi hors du lit. Personne sur le palier. La porte de mère était fermée. Je l'ai ouverte et je suis rentré dans la chambre: mère était allongée, les yeux ouverts et dans un état de grande nervosité. Mais ce qui m'a le plus troublé, c'est l'odeur: il y avait une odeur très désagréable dans la pièce, une odeur de moisi et de terre et, pourtant, les fenêtres étaient fermées hier soir.
Nous avons pris des draps et des couvertures et nous avons battu en retraite dans ma chambre, ou nous n'avons dormi que d'un œil jusqu'au lever du jour, mais il ne s'est rien passé. d'autre; .Sachant combien tu aimes ce genre d'histoires, Je t'ai envoyé le télégramme dès que je me suis levé. C'est vraiment gentil à toi d'être venu; SI tu ne l'avais pas fait nous aurions quitté cette maison et nous serions allés loger en Ville.


Pardoe s'agite dans son fauteuil avec un petit air embarrassé.

. .
- Nous nous demandions si tu voudrais bien essayer d'éclaircir cette énigme ... , Crois-tu pouvoir découvrir si la maison est hantée, ou si c'est un humain qui nous joue un mauvais tour ? Si c'est un fantôme, qui est-il et pourquoi. vient-il. hanter la maison? S'il s'agit d'un mauvais tour, Il faudrait démasquer le plaisantin qui en est l'auteur, dévoiler son stratagème et savoir ce qu'il a contre nous!

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