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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Un petit compte à régler…

Au moment où Merlin prononce sa formule, vous basculez dans le vide, tombant dans un gouffre insondable. Votre esprit demeure parfaitement éveillé, dans un premier temps, mais vous êtes incapable d'effectuer le moindre mouvement, toute sensation interdite. La chute se prolonge durant un temps qu'il vous est difficile d'estimer, tandis que vous sombrez dans l'abîme kaléidoscopique du temps, tel un pantin désarticulé, avant de sombrer définitivement.
Lorsque vous vous réveillez enfin, vous êtes littéralement entouré de blanc. Une couverture immaculée. Un manteau de neige à perte de vue, qu'aucune tache ne vient estomper. Ce vieux fou de Merlin s'est à coup sûr trompé dans sa formule, pensez-vous… Il a dû vous téléporter en plein coeur de l'Antarctique ; mais vous vous ravisez bien vite : à l'époque de Merlin, le continent glacé n'a pas encore été découvert…Tandis que vous pestez intérieurement contre les délires séniles du sorcier, vous ne pouvez vous empêcher de constater que la température n'est pas aussi sibérienne que vous l'avez craint de prime abord. Tout compte fait, vous n'avez peut-être pas atterri sur un glacier des Alpes…
Allez Pip, secouez un peu votre tête, mettez-vous une ou deux claques, histoire de bien remettre les yeux en face des trous. Quand vous en aurez assez de vous faire mal (hum !), vous pourrez jeter un oeil un peu plus attentif à ce qui vous entoure. Car ce que vous aviez pris pour un blanc manteau neigeux est en fait l'intérieur d'une demeure pour le moins étrange : tout y est peint dans le plus pur des blancs. La table, au pied de laquelle vous êtes accroupi, soigneusement sculptée de motifs à la signification obscure, a la couleur du lait frais, si bien verni que vous pouvez y admirer votre visage curieusement déformé à sa surface. Près de vous, un large coffre est recouvert d'une pelisse couleur ivoire. Juste en face de vous, une bibliothèque imposante contient de non moins imposants grimoires sans tache, dont les titres en relief vous sont difficilement lisibles à cette distance. Quant au sol et aux murs, ils sont littéralement recouverts d'un duvet chaleureux et soyeux de plumes d'une tendre blancheur ; un peu plus loin, vous voyez des… DES PLUMES ??? Allez-y Pip, touchez encore une fois pour vous en assurer, mais ce sont bien des plumes, plus larges que celles des oies, mais tout aussi chaudes et
confortables. Une veine que vous ne soyez pas allergique ! Vous êtes arraché à vos pensées par le croassement d'un corbeau que vous n'aviez même pas remarqué : lui aussi est d'une belle couleur argenté, immaculée, à l'exception de ses petits yeux noirs qui vous transpercent d'un regard froid. Un léger sentiment de malaise vous envahit dans cet univers monochrome, dont pas un seul son n'émerge, si ce n'est un très léger murmure du vent. A l'opposé de l'endroit où vous vous trouvez, vous distinguez une fenêtre haut perchée…
Eh bien Pip, vous voilà bien avancé…mais vous n'allez pas rester là, assis par terre, sans agir.

Si vous choisissez de profiter du panorama offert par la fenêtre,

s'il vous vient une subite crise de claustrophobie, ou une allergie foudroyante aux plumes, essayez de faire un trou dans le mur (délinquant, va !) pour respirer une bonne goulée d'air frais,

si, enfin, le regard du corbeau vous met tellement mal à l'aise, vous pouvez essayer de l'estourbir.

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