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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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- Très bien, mon lieutenant, répond-il en ouvrant la porte toute grande pour vous permettre d'entrer. Puis-je prendre votre képi ?

II tend la main, et vous lui confiez votre képi en espérant avoir le temps de le récupérer avant de partir. Il ouvre une porte et vous prie de l'attendre pendant qu'il va ranger votre coiffure. Vous profitez de son absence pour jeter un coup d'œil autour de vous. Le petit vestibule donne sur un salon lambrissé de panneaux de chêne dont la richesse de ton et la finesse de grain proclament fièrement l'origine canadienne. Un large escalier de marbre blanc, en fer à cheval, s'élève de chaque côté de la pièce, dont les murs sont ornés d'imposants portraits de valeureux guerriers dans des cadres dorés. Vous en reconnaissez quelques-uns, notamment Wellington et Nelson, mais d'autres vous sont inconnus. Si un petit nombre d'entre eux portent des noms à consonance étrangère, la plupart sont des Anglais morts à la fleur de l'âge. Peu après, le maître d'hôtel réapparaît.

- Puis-je vous conduire au bar, mon lieutenant ?

- Oui, merci.

Vous montez derrière lui l'escalier de marbre jusqu'au premier étage. Au moment où il ouvre une porte, la sonnette du rez-de-chaussée retentit.

- Un nouvel arrivant, dit le maître d'hôtel d'un ton de regret en vous faisant entrer dans la pièce. Vous m'excuserez de ne pas vous accompagner, mon lieutenant ? Le bar est là-bas.

Il désigne une porte à l'autre bout de la pièce.


- C'est parfait, répondez-vous.

Le maître d'hôtel referme la porte derrière vous et redescend l'escalier pour aller répondre au coup de sonnette. Vous traversez la pièce et vous collez l'oreille contre la porte du fond, espérant vous faire une idée du nombre des personnes qui se trouvent dans le bar. Remarquera-t-on la présence d'un étranger dans la foule? Mais vous n'entendez rien. C'est aussi silencieux qu'un tombeau. Etonné, vous tournez la poignée. Sans résultat: la porte est fermée à clef. Vous commencez à soupçonner que quelque chose ne tourne pas rond. Vous retournez rapidement à la première porte, celle par laquelle vous êtes entré: verrouillée. Vous vous élancez sur le parquet ciré pour gagner la fenêtre car vous n'êtes qu'au premier étage, mais quand vous écartez les rideaux, vous ne trouvez qu'un mur plein: il n'y a pas de fenêtre ! Cette pièce est une prison élégamment meublée, et vous êtes pris au piège !

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