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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Après un dîner prolongé et une conversation avec le Dr Watson sur des questions familiales, vous allez vous coucher. Avant le repas, Holmes était allé contacter son mystérieux auxiliaire, un gamin du nom de Wiggins, tandis que le Dr Watson et vous-
même vous rendiez au bureau du télégraphe pour avertir le régiment que vous passeriez la nuit à Londres pour affaires. Le lendemain matin le temps est froid et humide, balayé de rafales de vent sous un ciel plombé. En sortant de votre chambre vous montez au premier et vous tombez sur le Dr Watson qui descend du second étage. A ce moment-là, la porte de la rue claque et, en vous retournant, vous voyez Sherlock Holmes monter l'escalier derrière vous. Le détective a un journal sous le bras.

- Bonjour, mon garçon, vous salue gaiement le Dr Watson. Avez-vous bien dormi ?

- Très bien, merci, répondez-vous.

Ce qui est un mensonge éhonté. La vérité, c'est que vous n'avez pratiquement pas fermé l'œil, car vous avez passé la plus grande partie de la nuit à essayer de comprendre pourquoi Jonathan est mort, à vous rappeler tous les bons moments que vous avez vécus ensemble, et vous commencez seulement à vous rendre compte à quel point il fut un merveilleux ami. Le sommier défoncé et le matelas bosselé n'ont pas arrangé les choses, mais vous n'auriez pas mieux dormi sur la couche la plus douillette. Le sourire ironique qui effleure les lèvres de Sherlock Holmes prouve qu'il a deviné ce qui a échappé au Dr Watson.

- Alors, Holmes, dit le docteur lorsque vous vous mettez à table, combien de temps comptez-vous nous faire languir ? Que disent les journaux ?

- Tout compte fait, il se pourrait que le lieutenant ait mis le doigt sur quelque chose. Il n'y a pas trace de revendication de l'attentat dans aucun des quotidiens du matin. Ce qui commence à être intéressant. Si je n'étais pas aussi occupé par cette autre affaire, je serais ravi d'approfondir cette histoire. Vous déjeunez tous les trois de bon appétit, puis vous attendez le rapport de Wiggins. A peine êtes-vous installé dans un fauteuil avec le journal que retentissent des échos indignés de la voix de Mme Hudson manifestement consternée, suivis d'une cavalcade dans l'escalier. Quelques secondes plus tard, un galopin en guenilles fait irruption dans la pièce, suivi de près par Mme Hudson. Holme s'empresse de rassurer sa propriétaire outrée.

- Ne vous inquiétez pas, madame Hudson, ce jeune homme travaille pour moi.

Elle vous lance un regard entendu.

- Du moment que vous le dites, monsieur Holmes, réplique-t-elle d'un ton dubitatif avant de redescendre au rez-de-chaussée.

- Voyons, Wiggins, dit Holmes à son minuscule sous-fifre, qu'est-ce que c'est que ces manières ? Il me semblait pourtant vous avoir recommandé de m 'attendre dans le vestibule.

- Elle voulait pas me laisser entrer, patron, proteste le garnement d'une petite voix aiguë.

- Je vois, dit Holmes. Il faudra que nous trouvions une meilleure façon de procéder. Peu importe pour l'instant. Qu'avez-vous découvert ? Vous avez localisé la bande ?

- Non, m'sieur, pas encore. Mais j'ai entendu dire que ces types sont presque tous les soirs au Shamrock.

Vous remarquez que ce gamin en haillons, sale comme un peigne, se met au garde-à-vous pour parler à Holmes.

- Alors, ce sera tout. Vous pouvez disposer, Wiggins, dit Holmes avec satisfaction en lui donnant quelques pièces.

L'enfant sort de la pièce en courant et, peu après, vous entendez claquer la porte de la rue. Lorsque vous vous retournez, Holmes est penché sur un plan de Londres.

- Le Shamrock est un bistrot de l'East End que fréquentent des Irlandais partisans du Home Rule, dit-il en désignant un point situé en plein quartier de l'East End. Les hommes que vous recherchez font certainement partie de sa clientèle. J'aurais dû y penser tout de suite. Il faudrait que vous arriviez là-bas quand ils auront déjà pas mal bu, continue-t-il, suffisamment tard pour que leurs. idées soient un peu fumeuses, mais pas assez tard pour qu'ils aient commencé à devenir querelleurs. Il faudra être prudent. Si vous voulez voir le jour se lever demain, vous n'avez pas intérêt à ce que ces gens-là sachent que vous êtes un officier de l'armée britannique. En fait, il vaudrait mieux vous faire passer pour autre chose qu'un Anglais. Vous savez prendre un accent étranger ?

- Je peux imiter pas trop mal l'accent américain, répondez-vous.

- Ça devrait marcher. Beaucoup d'Américains sont pour le Home Rule irlandais. Et comment allez-vous vous habiller ? Hum ...

Holmes réfléchit un instant.

- Je dois avoir quelque chose qui fera l'affaire.

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