Lecture des livres dont vous êtes le héros
25 Août 2014
- Frère commence le porte-parole du Conseil, vous avez été convoqué ici ce soir pour délibérer sur une question grave, celle de votre intervention prématurée dans l'élimination du postulant Wheeler. Une telle action, accomplie sans l'approbation du Conseil est condamnable. Qu'avez-vous à dire ?
- Chef c'est moi qui avais proposé son admission au club c'était donc à moi de réparer cet impair, répond Dillon. Nous devons préserver à tout prix le secret de notre cause.
- Frère il semblerait que votre jugement soit maintenant obscurci par la consommation abusive des boissons alcoolisées, précise sévèrement le chef. Il semblerait également que votre .manque de discernement dans cette affaire ne soit que le dernier et le plus malencontreux d'une série d'incidents similaires qui se sont produits depuis un an. Votre
aptitude à occuper votre poste est dorénavant discutable.
- Chef, riposte Dillon rouge de colère" ce que je bois ne regarde que moi et personne n'a rien à y voir. Cela ne nuit en rien à mes fonctions, à aucun point de vue, et tous ceux qui me connaissent bien pourront en témoigner si on les interroge. Ma loyauté envers la cause n'est sûrement pas en question. Bien que je reconnaisse mon erreur dans cet incident cela ne devrait pas porter atteinte à mes services antérieurs, Pas plus que cela ne devrait être considéré comme une indication sur mes capacités
actuelles. J'ai servi loyalement notre cause durant vingt ans, alors que cet incident n'aura que des conséquences éphémères.
- Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? demande le chef comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. Ignorez-vous donc que nous, en tant que groupe, risquons de perdre l'appui de certaines personnalités très influentes par la faute de votre précipitation ? Ce serait un véritable désastre pour notre cause ! La famille du lieutenant Wheeler a de puissants alliés au sein du gouvernement, des alliés dont nous avons désespérément besoin. L'un d'eux, en particulier, exige votre tête, et, pour ma part, je ne suis pas certain que nous ne devrions pas la lui donner !
- Chef, rétorque Dillon sans céder d'un pouce, nous nous sommes fort bien débrouillés dans le passé sans toutes ces manœuvres politiques. Nous pouvons nous en passer aujourd'hui. Le Conseil et vous avez perdu de vue notre raison d'être en cherchant à entraîner notre association dans les méandres de la politique !
- Surveillez vos paroles, frère! s'exclame le chef. Vous n'avez peut-être pas la lucidité nécessaire pour vous en rendre compte, mais la route que nous suivons est dictée par la sagesse. Vous croyez vraiment que nous sommes de taille à tenir tête tout seuls au parlement ? Si nous n'avons pas la force nécessaire pour imposer nos vues, nos têtes risquent fort d'orner les piques des hallebardiers de la tour de Londres ! Trop de nos projets seraient qualifiés de trahisons ! continue-t-il. Nous nous sommes engagés, par notre serment séculaire, à détruire la vermine qui infeste notre pays, mais il y aura de l'opposition, une opposition puissante. Nous ne pouvons pas nous permettre d'accroître le nombre de nos ennemis par des actes inconsidérés.
Vous vous inclinerez devant les décisions du Conseil des Cinq ou vous en supporterez les conséquences !
- Et moi, je maintiens que j'ai fait ce qui s'imposait ! soutient Dillon avec entêtement. Je m'inclinerai devant les décisions du Conseil dans d'autres domaines, et j'assume l'entière responsabilité d'avoir amené ce traître ici! Puisque c'est moi qui avais commis la faute, c'était à moi de la réparer. Que les conséquences retombent sur ma tête s'il le faut. Le secret de notre cause doit être préservé si nous voulons qu'elle l'emporte !
Sur ces mots, il pivote sur les talons et sort à grands pas de la salle, vivante incarnation du défi.