Lecture des livres dont vous êtes le héros
4 Août 2014
En possession de renseignements suffisants pour commencer votre enquête, vous remerciez Mycroft et McDonald du temps qu'ils vous ont consacré. Pour conférer quelque autorité à vos démarches, McDonald vous munit d'une lettre d'introduction priant tout un chacun de vous apporter sa collaboration. Vous êtes en train d'enfiler votre pardessus pour affronter les rigueurs de l'hiver lorsque Mycroft vous arrête d'un geste.
- Il y a encore un point qui mérite réflexion, dit-il. C'est évidemment à Watson que vous devez parler en premier, mais vous pourriez aussi voir Christopher Marshall, un ami intime de Watson. C'est lui qui m'a averti de la situation critique dans laquelle se trouvait le docteur. Je me suis aussitôt mis en rapport avec McDonald, mais il se pourrait que Marshall sache un certain nombre de choses qu'il
confiera plus volontiers à quelqu'un dont le but est de sauver Watson ... Vous auriez peut-être intérêt à l'interroger avant d'aller visiter la scène du crime ou de parler à qui que ce soit d'autre.
Sans perdre une minute, vous gagnez le domicile du Dr Watson, à Kensington. Aussitôt que vous faites passer votre carte, la femme de chambre vous introduit dans le cabinet du docteur. Le Dr John Watson est la parfaite incarnation de l'Anglais moyen : un homme robuste, au cou large et à la mâchoire carrée, dont les cheveux sont bien coupés et la moustache soigneusement taillée. Son cabinet est une pièce confortable, la cheminée est spacieuse, les fauteuils sont profonds et la bibliothèque vitrée est pleine de livres, à l'exception d'un vide choquant au milieu du deuxième rayon.
- Bonjour, monsieur, dit chaleureusement le Dr Watson. Je me souviens fort bien de vous au temps où vous collaboriez avec Holmes. Et maintenant vous voilà détective à votre tour. Que puis-je faire pour vous?
- C'est moi qui espère pouvoir faire quelque chose pour vous, docteur, répondez-vous prudemment. L'inspecteur McDonald, de Scotland Yard, et Mycroft Holmes m'ont prié d'enquêter sur le meurtre de sir Terrence Milton.
- Sir Terrence? rétorque-t-il surpris. Hier soir, il m'avait semblé que ce McDonald n'avait pas le moindre doute sur ma culpabilité. Aurait-il changé d'avis ?
- Il a dit, répondez-vous avec circonspection, que toutes les circonstances du crime vous désignent comme le coupable, mais qu'il espère que je découvrirai un indice qui lui a échappé.