Lecture des livres dont vous êtes le héros
4 Août 2014
- Que s'est-il passé après le bagarre, monsieur Martin ? demandez-vous d'un ton que vous vous efforcez de rendre badin. Les deux adversaires se sont serré la main en s'excusant, comme le veut la tradition, ou bien il y a eu un nouvel échange d'insultes ?
La question semble surprendre Martin, il éclate de rire.
- Oh, ils n'en ont pas eu l'occasion, répond-il finalement. Sir Terrence est resté allongé par terre une minute ou deux, à essayer de se convaincre que tous ses abattis étaient bien à leur place, et pendant que M. Lewis et moi nous assurions qu'il n'avait rien de cassé, Chris Marshall a entraîné Watson hors de la pièce. C'était d'ailleurs ce que Chris pouvait faire de mieux pour leur donner le temps de se calmer un peu. Malheureusement, la malchance a voulu que quand le hasard les a de nouveau réunis, il n'y avait personne pour empêcher que cela ne tourne mal.
- Et qu'a fait sir Terrence, une fois relevé par vos soins ? continuez-vous.
- Nous sommes allés au bar où nous avons bu un porto, répond Martin. D'autres confrères s'y trouvaient déjà, et nous avons parlé de la dispute avec eux. Sir Terrence n'a pas tardé à s'esquiver au premier étage, après quoi j'ai dû partir à mon tour : j'avais rendez-vous à dix heures avec un ami. Je devais faire une partie de cartes avec le colonel Morane au Bagatelle, et je ne voulais pas le faire attendre: il tient beaucoup à ce que ses partenaires
soient ponctuels. C'est la vieille exactitude militaire qui ressort, vous savez.