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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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- On m'a demandé d'enquêter sur les vols de bijoux qui ont récemment eu lieu dans le Devon et en Cornouailles, explique Holmes. Par ailleurs, un autre gentleman a requis mon assistance pour assurer la protection d'un authentique trésor. Comme je suis engagé d'un autre côté, vous irez à ma place. Par chance, Watson fait également partie des invités, cela vous permettra d'arriver avec lui sans éveiller les soupçons. Watson sera ravi de votre compagnie car sa charmante épouse est partie dans le Sussex, au chevet d'une arme souffrante.

- Que suis-je censé faire ? demandez-vous. A-t-on des raisons de redouter un nouveau vol ?

- Je préfère ne pas épiloguer avant d'en savoir davantage, répond Holmes et il lève un long doigt maigre en tendant l'oreille. Un fiacre vient de s'arrêter devant la maison ... c'est probablement le colonel Dunlop.

Mme Hudson fait entrer le colonel Dunlop, un homme corpulent, entre deux âges, qui se retrouve bientôt installé dans un fauteuil confortable, un verre de brandy dans la main.

- C'est le remplaçant que vous avez. décidé de m'envoyer ? s'enquiert le robuste militaire en vous désignant du menton. Il paraît bien jeune.

- Tant mieux, les voleurs éventuels ne se méfieront pas de lui, réplique Holmes, au cas où il serait disposé à accepter cette mission. Vous pourriez peut-être exposer le problème au jeune M. Hurley.

Le colonel fronce les sourcils.

- J'ai quitté l'armée, commence-t-il, et je vis maintenant dans le Yorkshire, à Eagle Towers, le Manoir de l'Aigle, près de Gunston. Parmi les unités que j'ai eu l'honneur de commander figurait l'artillerie légère du Yorkshire, une batterie de réserve dont le glorieux passé remonte à l'époque de Wellington. Chaque année, pendant l'été, je reçois chez moi les hommes qui ont un lien avec la batterie, afin de maintenir ses traditions et sa réputation jusqu'au jour, où elle sera remise en activité. Et, chaque année, pendant cette courte période, le plus précieux des trophées des canonniers du Yorkshire est exposé dans ma bibliothèque.

- Quel trophée ? demandez-vous en prenant des notes.

Le colonel pousse un soupir, peut-être d'agacement.


- Un aigle, ou plutôt une aigle d'or sertie de pierreries, d'une trentaine de centimètres de haut. Sa valeur est inestimable ! Pour les récompenser de leur conduite héroïque pendant la bataille de Vitoria, où ils avaient aidé les Écossais à s'emparer d'une aigle napoléonienne, Wellington avait autorisé les canonniers du Yorkshire à ajouter une aigle impériale aux trophées de la batterie. Les officiers la firent fabriquer avec de l'or et des bijoux saisis dans un convoi français.

- Pourquoi redoutez-vous qu'on la vole ? demandez-vous. Auriez-vous convié des hôtes suspects à votre réunion ?

- Je ne peux rien affirmer, répond-il en pesant ses mots, mais, mais les terribles incidents qui viennent de se produire ont de quoi faire réfléchir n'importe qui. Indépendamment de la prudence normale quand on est responsable d'un trésor aussi précieux, il se trouve que le fiancé de ma nièce, Harris est l'un des invités de ce week-end.

- Vous vous méfiez de lui ? demandez-vous.

- Je ne m'en méfie pas à proprement parler, précise le colonel qui paraît mal à l'aise mais Harris était invité dans deux manoirs où des vols ont été commis et, bien qu'il paraisse très à son aise, je n'arrive pas à savoir d'où il tire son argent. Il y aura également un ou deux autres hôtes que je connais peu. Comme j'avais déjà prié le Dr Watson, que j'ai connu en Afghanistan, de se joindre à nous, votre présence au sein de notre petit groupe ne suscitera aucun commentaire déplaisant. Et je dois avouer, conclut le colonel, que je me sentirai plus rassuré si quelqu'un, sur place, se consacre activement à la protection de l'aigle. M. Holmes m'a conseillé de m'adresser à vous, puisqu'il ne pouvait pas venir lui-même. Vous serez bien payé.

- J'accepte votre invitation, répondez-vous aussitôt. Quand devons-nous arriver ?

- La réunion commence demain, mercredi, répond le colonel. Prenez l'express du matin à la gare de King's Cross et changez à South Riding, d'où l'omnibus vous amènera à Gunston. Il faut que je me dépêche si je ne veux pas rater mon propre train, ajoute-t-il en liquidant son brandy. Je vous verrai demain après-midi à Eagle Towers.

Après son départ, Watson demande à Holmes :

- Vous croyez qu'il a de bonnes raisons de se méfier ? Ses soupçons à l'encontre de son futur gendre semblent aller dans ce sens.

Holmes sourit, peut-être amusé par la phrase alambiquée de votre cousin.

- Ce que je crois, c'est que vous allez passer tous les deux un très agréable week-end aux frais du colonel, répond-il, mais il se pourrait que je me trompe. J'ai la liste complète des invités, et aucun d'eux ne me paraît être un éventuel voleur de bijoux. De toute façon, le changement d'air ne vous fera pas de mal. Si je termine rapidement ma propre enquête, je viendrai vous rejoindre à Gunston : les archives de l'hôtel de ville contiennent des documents que je dois consulter pour rédiger ma monographie sur les premières chartes d'Angleterre. Bonne chance !

Holmes se lève, empoigne ses bagages et dévale l'escalier. Son coup de sifflet fait rapidement surgir un fiacre, et vous l'entendez ordonner au cocher de le conduire à la gare de Paddington.

- Demain matin, je passerai vous prendre chez vous, vous dit le Dr Watson lorsque vous vous apprêtez à partir. (Il consulte le Bradshaw pour contrôler ses souvenirs.) Notre train part à sept heures et demie, alors soyez prêt de bonne heure.

Une fois rentré chez vous, vous faites votre valise et vous essayez de vous coucher tôt, mais vous êtes trop excité pour trouver le sommeil. Vous vous voyez déjà aux prises avec les plus redoutables bandits d'Angleterre ! Le lendemain, au levez du jour, le ciel est couvert, mais cela ne vous empêche pas d'être fin prêt lorsque le fiacre de Watson s'arrête devant votre porte. Pour parler de l'affaire, vous attendez d'être dans le train, confortablement installés dans votre compartiment.

- Je sens que je vais passer un excellent week-end, même s'il ne se passe rien, dit Watson en observant le va-et-vient de la foule sur le quai de la gare. Holmes, lui, détesterait ce genre de petites vacances, à moins d'avoir une énigme à élucider. Il est londonien jusqu'au bout des ongles et ne se plaît qu'à Londres.

- Il vous a parlé des autres vols de bijoux ? demandez-vous à Watson au moment où le train démarre en grinçant et sort de la gare. Quel genre de vol risquons-nous d'être appelés à empêcher ?

- Oh, vous connaissez Holmes, répond évasivement Watson. Il refuse toujours de faire le moindre commentaire avant d'avoir examiné la scène du crime. Mais j'ai lu les comptes rendus dans la presse et les rapports que la police a fait parvenir à Holmes. Les journaux de Bristol et de Falmouth ont publié des articles beaucoup plus circonstanciés

que les quotidiens londoniens. Voulez-vous que je vous résume mes notes ?

- Oui, racontez-moi ce que vous avez appris, répondez-vous en vous adossant à la banquette tandis que la banlieue londonienne défile derrière la vitre.

Watson semble enchanté et tire de sa poche une liasse de papiers.

- Le premier vol a été commis dans le château de lord Dodge, à une quinzaine de kilomètres de Plymouth. Au moment du vol, la maison était pleine d'invités, sans parler des domestiques, bien entendu. Une nuit, alors que tout le monde dormait, quelqu'un a crié « Au feu! » et tous les invités se sont rués hors du château. Le majordome s'est alors aperçu qu'on avait mis le feu à une botte de paille humide dans un couloir dérobé, ce qui avez produit beaucoup de fumée sans causer grand dommage. Le lendemain matin, l'une des dames a constaté que son collier de perles et de diamant - valant dix mille livres - avait disparu.

- Le voleur a probablement fait brûler la paille pour simuler un incendie et profiter de la confusion pour dérober le collier dont il devait connaître l'existence, murmurez-vous. Et le second vol ?

- Celui-là s'est produit à Tristram House, près de Tintagil, en Cornouailles, répond Watson. Là aussi on donnait une grande réception, avec une douzaine d'invités. Un soir, tous les invités ont joué aux cartes jusqu'à une heure avancée. Quand ils sont montés se coucher, l'une des dames a poussé des hurlements de terreur. Les autres se sont précipités dans sa chambre et ont trouvé une échelle appuyée contre une fenêtre ouverte. Le coffret bijoux de la dame avait été fracturé, et quelque cinq mille livres de bagues et de bracelets s'étaient envolées. Ce vol ayant suivi le premier à huit jours d'intervalle, il a fait sensation.

- Il semble que le voleur se dirige vers l'ouest, dites-vous en réfléchissant aux faits que votre cousin vient d'exposer.

- S'il commet son prochain larcin à l'ouest de la Cornouailles, il sera en pleine mer, s'esclaffe Watson. Mais Holmes va lui mettre la main au collet, bien qu'on ait attendu beaucoup trop longtemps avant de lui confier l'affaire.

Tandis que Watson continue à parler, vous songez à ce que vous venez d'apprendre.

Lancez deux dés et ajoutez votre bonus d'Intuition. Si vous obtenez :

De 2 à 7

De 8 à 12

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