Lecture des livres dont vous êtes le héros
13 Septembre 2014
Holmes vous lance un regard pénétrant, il se substitue à vous et entreprend d'expliquer le vol.
- Colonel, c'est votre nièce Ellen qui a dérobé l'aigle. (Le colonel se dresse d'un bond, indigné, et Holmes lève la main pour lui imposer silence.) J'ai découvert une série d'indices, monsieur. Attendez de les connaître pour protester. Le voleur a laissé des traces de boue grisâtre sur l'échelle de la bibliothèque : votre nièce avait traversé une plaque de boue de la même couleur. Elle possédait les clefs nécessaires pour ouvrir les cadenas, et elle est la seule à avoir eu la possibilité de commettre le vol : ni M. Snead ni M. Foxx n'ont eu le temps de voler l'oiseau en gagnant leurs chambres. Mes investigations m'ont appris que le voleur n'était probablement pas très vigoureux, ce qui cadre avec le physique de cette demoiselle. De plus, le voleur connaissait visiblement très bien la maison, ce qui la désigne également. Et enfin, elle a eu l'occasion de commettre le forfait: Mlle Dunlop est restée seule pendant quelques minutes après avoir préparé la chambre de Mortimer et avant qu'on ne le ramène au manoir.
- Mais elle n'avait aucune raison de voler le trophée ! tempête le colonel écarlate de fureur. Et même si elle avait décidé de le vendre, elle ne saurait pas comment s'y prendre.
- «Voler» n'est peut-être pas le mot juste, répond doucement Holmes. «Cacher» conviendrait probablement mieux, comme le démontre l'endroit où elle l'avait dissimulé. Affligée à l'idée que les fiançailles de son amie allaient être rompues à cause de ce coup de feu, elle s'est dit que si l'aigle disparaissait, tout le monde serait obligé de rester au manoir jusqu'à ce que le mystère soit éclairci. Je suis étonné que Watson n'ait pas deviné cela tout de suite: il connaît mieux que moi le romantisme du caractère féminin.
Watson rougit un peu, mais il ne proteste pas.