Lecture des livres dont vous êtes le héros
10 Novembre 2014
Vous remarquez que les cendres, dans la cheminée, ont été soigneusement ratissées. La plupart des dossiers éparpillés sur le sol ont disparu. Vous fouillez le placard et le bureau sans rien y trouver d'intéressant, en dehors de quelques lettres de la reine. Apparemment, l'amiral Weathersley disait vrai en prétendant assurer la liaison entre la souveraine et l'Amirauté. Ayant fait chou blanc dans le salon, vous vous attaquez à la chambre à coucher. Celle-ci est presque aussi encombrée que la première pièce, mais nettement plus exiguë. Vous n'y trouvez rien et vous retournez au salon. Découragé, vous vous laissez tomber dans le fauteuil de cuir capitonné de l'amiral Weathersley et vous réfléchissez, les yeux dans le vague. Petit à petit, vos regards se concentrent sur un tableau que vous contemplez sans le voir depuis un moment. La peinture qui représente un vaisseau de ligne britannique fonçant, toutes voiles dehors, et crachant le feu de tous ses canons sur un navire français, ne vaut pas cher : le dimanche après-midi, on en voit de semblables suspendues par dizaines aux grilles qui entourent Hyde Park. Mais ce n'est pas la peinture qui a attiré votre regard, c'est le cadre. Celui-ci est un peu de travers et découvre un mince triangle de papier peint moins passé que le reste de la pièce. C'est ce petit espace plus coloré qui a retenu votre attention. Vous vous levez pour décrocher le tableau et le retourner. Le carton collé au dos présente un renflement suspect. Vous prenez votre canif, soulevez le carton et en extirpez une feuille de papier pliée en quatre. Les doigts tremblants, vous la dépliez et vous lisez :
Mon amour,
Quelqu'un est au courant de nos relations ! Je suis terrifiée ! Cet individu m'a abordée dans Kensington Gardens et m'a dit que, à moins que vous n'acceptiez de l'aider, il avertirait Otto de notre liaison. Oh, j'ai tellement peur, mon chéri ! Si Otto apprend la vérité, il me tuera et vous tuera probablement aussi. Je vous en supplie, faites ce que demande cet homme. Je ne pourrais pas supporter de vous perdre ! Vous êtes tout pour moi, mon amour, et je suis sûre que vous nous sauverez.
Vous verrai-je jeudi prochain? Venez, je vous en prie. Il faut que je vous voie, même si c'est trop dangereux de vous parler. Oh, pourquoi n'est-ce pas vous que j'ai connu en premier ?
A vous pour toujours,
Votre L.
Votre lecture terminée, vous vous rasseyez dans le fauteuil de cuir de l'amiral Weathersley et vous attendez le retour de son propriétaire.