Lecture des livres dont vous êtes le héros
10 Novembre 2014
Vous décidez de vous rendre à la convocation du chambellan et vous prenez le chemin de son bureau, dans lequel on vous introduit aussitôt. Il se lève pour vous accueillir.
- Ah, monsieur Huntington, dit-il. Je suis enchanté que vous ayez pu prendre le temps de passer me voir.
- C'est toujours un plaisir, milord, répondez-vous.
- Je voulais vous remercier de votre intervention dans cette affaire. J'ai appris que vous aviez arrêté le meurtrier. Beau travail, monsieur. Je suis certain que Sa Majesté sera enchantée que ce malencontreux incident ait trouvé une conclusion satisfaisante.
- Un homme a été tué, milord, objectez-vous.
- Oui, bien sûr, répond-il avec un petit sourire, mais pas par quelqu'un d'important. La parenté de l'amiral avec Sa Majesté est lointaine, vous savez. Si elle l'a autorisé à habiter le palais, c'est à cause de l'affection qu'elle éprouvait pour la défunte amirale Weathersley. Les journaux n'auront pas lieu d'émettre de sordides hypothèses. C'est là la chose
la plus importante.
- Je comprends, acquiescez-vous.
Vous ne pouvez pas donner tort à la logique du chambellan, mais ce que vous venez d'entendre a un peu terni votre succès et vous n'avez plus qu'une envie : ne plus voir cet homme.
- Si vous voulez bien m'excuser, milord.
- Bien entendu, monsieur Huntington, bien entendu, approuve-t-il avec un sourire pincé. Mais, avant que vous ne partiez, il nous reste un détail à régler.
- Lequel, milord? demandez-vous sèchement.
- Mais, voyons, l'audience de Sa Majesté, évidemment. La reine avait précisé qu'elle tiendrait à vous recevoir si votre enquête parvenait à une solution satisfaisante sans attirer l'attention de la presse. Vendredi prochain vous convient-il ?
- Oui, certainement.
- C'est ce que j'avais pensé, conclut-il avec un infime soupçon d'ironie en vous raccompagnant jusqu'à la porte.