Lecture des livres dont vous êtes le héros
10 Novembre 2014
Il ne peut s'agir que du soldat McGill, la deuxième sentinelle qui montait la garde dans la cour cette nuit-là. Pour une mission d'une telle importance, les séparatistes ne se seraient jamais fiés à un seul agent, aussi capable et loyal soit-il. McGill est le seul qui ait eu la possibilité matérielle d'agir. Les gradés étaient occupés par la dispute entre les commerçants, et le soldat Murphy était en salle de police à la suite d'une rixe. Craignant que l'inspecteur Gregson ne vous interdise de poursuivre votre enquête si vous lui révélez tout ce que vous savez, vous décidez de l'éviter jusqu'à ce que vous ayez découvert une preuve irréfutable. Il reste une éventualité sur laquelle vous n'avez pas encore eu l'occasion d'enquêter. Il est vrai que McNeal est mort, mais il a peut-être quand même quelque chose à vous apprendre. Vous vous renseignez sur l'emplacement de l'infirmerie dans laquelle on a transporté McNeal et vous demandez à parler au médecin de service. Quelques minutes plus tard, on vous conduit dans un autre bureau, où vous faites la
connaissance du Dr Wesley Thornton, petit homme maigrichon d'une quarantaine d'années.
- En quoi puis-je vous être utile, monsieur ? demande-t-il après avoir pris connaissance de l'ordonnance royale.
- Je serais curieux de savoir si le soldat McNeal a dit quoi que ce soit avant de mourir, docteur, répondez-vous.
- Rien d'intelligible, hélas! déplore le Dr Thornton.
- Il n'a pas prononcé le moindre mot compréhensible, docteur ? Cela pourrait être important.
- Il a appelé deux ou trois fois sa mère... mais attendez: je crois qu'il a dit quelque chose à l'une des infirmières. Un instant.
Il se dirige vers la porte et l'ouvre.
- Mademoiselle Jones, voulez-vous venir une minute, je vous prie ?
Une très séduisante jeune femme blonde, en tenue d'infirmière, fait son entrée.
- Oui, docteur, dit-elle.
- Mademoiselle Jones, je vous présente monsieur Huntington, dit le médecin en vous désignant. Il enquête sur la mort du soldat McNeal et me demande si celui-ci a dit quoi que ce soit avant de mourir. Il me semble que vous aviez signalé qu'il vous avait parlé pendant la nuit qui a suivi l'agression.
- Effectivement, docteur, c'était très étrange. (Sa voix est un mélodieux contralto.) Il n'arrêtait pas de bredouiller quelque chose à propos de « l'Allemande ». C'était à peu près incompréhensible, mais il n'a pas cessé de le répéter jusqu'à ce qu'il sombre dans le coma, au petit matin.
- Eh bien voilà, monsieur Huntington, vous savez tout. J'espère que cela vous sera utile.
- C'est très intéressant, docteur, répondez-vous avec satisfaction.
En prenant congé, vous vous surprenez à vous interroger sur la façon dont vous pourriez revoir mademoiselle Jones, et quand vous lui serrez la main, vous remarquez qu'elle sourit d'un air amusé comme si elle savait très exactement à quoi vous pensez. En longeant les couloirs du palais, vous vous demandez si vous allez faire part de votre
découverte à l'inspecteur Gregson. Elle ne signifie peut-être pas grand-chose pour l'instant, mais le policier pourrait obtenir par la suite d'autres informations qui rendraient le renseignement précieux. Vous savez que si vous voulez vous assurer sa collaboration, il faudra que vous soyez disposé à échanger des informations. Malheureusement, il n'a pas
manifesté, jusqu'ici, le moindre désir d'échanger quoi que ce soit avec vous ... et il n'a d'ailleurs rien à échanger dans l'immédiat. Que faire ?
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Si vous mettez l'inspecteur Gregson au courant.