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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Quelque temps plus tard, vous sortez de chez vous, dans le quartier de Regent's Park, et vous acceptez l'offre de sir Henry de profiter de sa voiture pour gagner le palais de Buckingham. Pendant le trajet, vous avez tout le temps de méditer sur l'extraordinaire proposition qui vient de vous être faite ... et sur l'empressement presque indécent avec lequel vous l'avez acceptée. Sir Henry s'est montré bref mais précis dans son exposé des faits et de la requête du grand chambellan. Vous avez consenti à respecter le désir de discrétion de la reine, et vous ne vous faites aucune illusion sur la raison pour laquelle vous avez été choisi. Personne ne s'attend à ce que vous réussissiez, à l'exception peut-être de la reine. Pour le chambellan et ses assistants, vous n'êtes rien de plus qu'un zéro destiné à boucher un trou dans une colonne de chiffres, un nom à donner à la reine. Vous sentez les muscles de votre mâchoire se contracter. Si la chose est humainement possible, vous éluciderez ce crime et vous justifierez la confiance dont la reine Victoria vous a honoré ! La voiture traverse Trafalgar Square et passe sous l'arcade de l'Amirauté pour descendre le Mall en direction du palais. Vous commencez à réfléchir à la manière dont vous allez mener votre enquête. La nécessité de discrétion va être un handicap. En revanche, le chambellan a promis d'intercéder en votre faveur dans les situations délicates.
A voir affaire à des aristocrates d'un rang plus élevé que le vôtre risque de poser quelques problèmes. Mais la principale difficulté sera la limite de temps que la reine a arbitrairement fixée à votre enquête. Vous allez avoir besoin de toute l'aide possible et vous êtes bien décidé à faire intervenir Sherlock Holmes à la première occasion. Même s'il ne peut pas participer activement à l'enquête, son aide sera inappréciable en tant que conseiller ... à condition que vous réussissiez à éveiller son intérêt. Vous vous rappelez l'affaire que vous lui avez soumise l'année précédente: Holmes a ricané et vous a conseillé de vous adresser à la police, ce qui, pour lui, constitue la manifestation du mépris par excellence. En arrivant devant le palais de Buckingham, la voiture s'arrête, les gardes ouvrent les grilles, elle repart, emprunte un court passage couvert et pénètre dans une vaste cour intérieure. Vous descendez, jetez un coup d'œil sur les guérites de sentinelle qui se dressent de chaque côté, et vous suivez sir Henry dans le palais. En chemin, vous vous arrêtez un instant devant un miroir de la galerie pour redresser votre cravate. En examinant votre reflet d'un œil critique, vous voyez un homme brun, grand et mince, aux traits marqués. Les gens qui ne vous connaissent pas vous donneraient la trentaine, alors que vous ne fêterez votre vingt-cinquième anniversaire que dans deux mois. Le chagrin causé par la perte de votre femme et de votre fille reste gravé dans les rides de votre visage, et une tristesse latente s'attarde au fond de vos yeux. Vous rectifiez votre nœud de cravate et vous vous hâtez de rattraper sir Henry. A votre arrivée, le grand chambellan se lève de son bureau.

- Ah, monsieur Huntington ! Entrez donc, dit-il en vous serrant la main. Je suis enchanté que vous ayez pu prendre le temps de nous assister dans cette déplaisante histoire.

- A votre service, milord, répondez-vous. Sir Henry m'a déjà exposé les grandes lignes de l'affaire. Quelque chose s'oppose-t-il à ce que je me mette immédiatement au travail ?

- Le plus tôt sera le mieux, monsieur Huntington, mais il s'est produit quelques faits nouveaux depuis que sir Henry est parti vous chercher. Tout d'abord, le détachement de la Garde au grand complet a été consigné pour quarante-huit heures à la caserne Wellington ... afin d'éviter que la nouvelle ne transpire trop vite et de simplifier vos recherches. D'autre part, j'ai quelque chose à vous remettre.

Il vous tend un petit document roulé.

- Ceci est une ordonnance de Sa Majesté vous autorisant à interroger les membres de la famille royale et interdisant à ceux-ci de s'en formaliser. Cela pourra vous servir dans le cas où il ne vous sera pas possible de révéler la nature de votre enquête.

- Merci, milord, cette ordonnance me sera très utile. Il y a encore une chose que j'aimerais, si cela ne vous dérange pas trop.

- Certainement, monsieur Huntington. De quoi s'agit-il ?

- Je voudrais voir le sceau royal.

- Rien de plus facile, il est encore ici.

Il fouille dans un tiroir de son bureau et en sort le cachet, qu'il vous remet. Vous examinez attentivement le lourd cylindre métallique, notamment les éraflures et les endroits où le damasquinage a été détérioré. Vous levez les yeux.

- Vous l'avez fait nettoyer, milord ? demandez-vous.

- Bien entendu. Je ne pouvais pas le rendre à la reine dans l'état où il était ce matin. Pourquoi cette question?

- Cet objet pourrait devenir l'arme d'un meurtre, milord. Dans son état initial, il aurait pu fournir de précieux indices sur l'identité de l'agresseur.

- Ab, je comprends! répond le chambellan sans manifester beaucoup d'intérêt. Maintenant, je me rends compte que je n'aurais pas dû le faire nettoyer.

Il se lève pour vous signifier que l'entretien est terminé.

- C'est réconfortant de savoir que l'affaire est entre les mains d'un expert. Bonne chance, monsieur Huntington.

Sir Henry vous reconduit jusqu'à la porte.

Enregistrez l'Indice A et la Déduction 19.

Si vous allez visiter la scène du crime, enregistrez la Décision 1.

Si vous interrogez les gradés de la Garde, enregistrez la Décision 2.

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