Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

493

- Encore toutes mes félicitations, Richard, dit le Dr Watson en levant son verre une fois de plus. C'est du beau travail !

- Je n'aurais jamais pu l'accomplir sans votre aide et celle de monsieur Holmes, répondez-vous modestement. Je persiste à penser qu'il est injuste que j'en récolte tout le mérite.

- Je n'y ai été mêlé qu'à titre consultatif, Richard riposte Holmes en se levant du sofa sur lequel il était pelotonné et en tendant la main vers le porto. C'est vous qui avez tout fait. Ce n'est pas comme si vous aviez suivi tous mes conseils.

- Eh bien, c'est peut-être grâce à mon intuition personnelle que j'ai capturé le maître espion, mais j'ai bien failli y laisser ma peau.

- Je ne suis pas certain d'avoir tout compris, se plaint le Dr Watson. Holmes, vous avez dit que ce fameux comte von Steincastle était à la base de toute l'affaire, mais je ne vois pas comment c'est possible. Les terroristes irlandais ne sont pas à la dévotion du Kaiser Guillaume II.

- Vous avez raison, évidemment, répondez-vous. Mais McNeal et ses comparses ne se rendaient pas compte qu'ils faisaient le jeu du comte.

- Exact, Richard, intervient Holmes, mais nous ne saurons probablement jamais comment l'affaire a été présentée aux séparatistes. A mon avis, Steincastle et quelques-uns de ses pareils ont dû fournir une assistance discrète à certaines sociétés secrètes, en se disant que ces organisations pourraient, à l'occasion, leur être utiles pour tirer les marrons du feu. Je ne serais pas surpris d'apprendre que certains des amis de McNeal sont à la solde du Kaiser. Le soldat Murphy, par exemple.

- Murphy ? vous exclamez-vous. Ce crétin ?

- Ce crétin, comme vous dites, vous a roulé, Richard, réplique doucement Holmes. Vous avez toujours soupçonné que le soldat McNeal était surveillé par un autre membre de la clique irlandaise. Il s'est révélé que c'était le soldat McGill. Mais il y avait un deuxième observateur: le soldat Murphy. Seulement il ne travaillait pas pour les Irlandais : c'était l'homme de Steincastle. Il s'est arrangé pour que McNeal puisse se rendre à ses rendez-vous, d'abord avec l'amiral Weathersley, plus tard avec le comte, en changeant de tour de garde avec lui.

- Mais ce n'était pas quelqu'un à qui on pouvait se fier : il s'est sauvé.

- Seulement quand vous avez commencé à flairer leur combine de trop près. Je pense que c'est lui qui a prévenu le comte von Steincastle de votre enquête. C'est à cause de lui qu'on vous a surveillé et, ensuite, qu'on a failli vous tuer. Il a disparu, vous savez.

- Quoi ? vous écriez-vous.

- Eh oui ! Quand le comte von Steincastle a été sous les verrous, le soldat Murphy s'est volatilisé. La femme que vous connaissiez sous le nom de Ludmilla Mueller a également disparu. Ils ont dû quitter le pays ensemble. Je soupçonne ce Murphy d'être allemand et d'avoir été envoyé ici comme espion il y a plusieurs années de cela.

Bouche bée, vous regardez Holmes avec stupeur, sans rien trouver d'intelligent à dire. Vous êtes complètement dépassé.

- Vous n'espériez tout de même pas les arrêter tous, Richard ? demande Holmes avec un sourire ironique. Le comte von Steincastle était le gros poisson. A lui seul, il est plus important que tous les autres réunis.

- Est-ce qu'il a parlé à la police ? s'enquiert Watson.

- Pas un mot sur quoi que ce soit d'important, docteur. Depuis son arrestation, on croirait qu'il a oublié l'anglais. Il ne répond que quand on lui parle allemand. Mais ce n'est pas pour cela qu'il est important. C'est parce que tant qu'ilsera entre nos mains, le réseau d'espionnage allemand marchera clopin-clopant, sans rien faire de bon. Par le simple fait de le garder sous clef, nous les neutralisons.

- Et l'amiral Weathersley, qu'est-ce qu'il va devenir demande le Dr Watson en se tournant vers vous.

- Il sera très probablement pendu, répondez-vous. Il a bel et bien trahi sa patrie, en fin de compte.

- Je comprends, mais j'ai pitié de lui, répond-il. Il me semble que Holmes m'a dit que la reine vous accordait une audience particulière demain. C'est vrai ?

- Tout à fait vrai, docteur, dites-vous en vous levant. Il faut même que je m'en aille: j'avais
oublié que j'ai rendez-vous avec mon tailleur dans moins de vingt minutes.

- Très bien, Richard, dit le Dr Watson tandis qu'ils se lèvent tous les deux pour vous faire leurs adieux. Venez nous raconter cela un de ces jours.

Vous le leur promettez, bien entendu.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article