Lecture des livres dont vous êtes le héros
19 Février 2015
Tandis que vous déroulez le parchemin dont vous commencez à lire la sinistre prophétie, le baron se lève avec difficulté et répète mot pour mot chaque vers de la terrible strophe, sa voix s'élevant comme un écho de la vôtre :
Au soir de pleine lune, en un temple profond Sacrifice viendra à jamais réveiller Les légions d'un seigneur trop longtemps oublié. Quand mourra sur l'autel la vierge aux cheveux blonds, Des gorges de Maaken les morts se lèveront Pour exiger enfin la rançon des guerriers.
« Il faut que vous la sauviez, Loup Solitaire, dit le baron d'une voix tremblante d'émotion ; il faut que vous empêchiez le sacrifice ».
« Sauver qui ? Qui doit-il sauver ? » interroge le capitaine Gayal tout en essayant de calmer le baron en émoi.
« Ma fille Madelon, répond ce dernier. Barraka a découvert le Poignard de Vashna et il projette de sacrifier ma fille sur l'autel du temple pour libérer les morts des gorges de Maaken. »
Le baron explique alors qu'au temps de la Lune Noire le roi Ulnar du Sommerlund tua Vashna, le plus puissant des Maîtres des Ténèbres à l'aide du Glaive de Sommer, l'Épée du Soleil. Le corps du chef ennemi ainsi que les cadavres de tous ses soldats furent précipités dans les abîmes sans fond des gorges de Maaken.
« Barraka veut réveiller ces légions, poursuit le baron, et les amener à la victoire en conquérant tout d'abord le Sommerlund, puis l'ensemble des Fins de Terre. » Vous observez le baron dans un silence impressionnant. Si Barraka parvient à accomplir le sacrifice, tout sera perdu. Quelle armée de mortels pourrait en effet résister aux légions des morts ? Le capitaine Gayal vous entraîne ensuite hors de la pièce, dont il referme la porte derrière lui.
« Je craignais qu'il ne soit fou, dit-il, mais votre parchemin vient hélas ! confirmer mon pire cauchemar ; il dit bien la vérité. » Tandis que vous repensez à l'effroyable signification de ces quelques vers, votre sombre méditation est soudain interrompue par le son aigu d'une corne de guerre. Le capitaine Gayal s'approche d'une meurtrière et scrute la plaine. Lorsqu'il se tourne à nouveau vers vous, il a le teint gris comme la cendre. « Les brigands, murmure-t-il, ils lancent une attaque. »