Lecture des livres dont vous êtes le héros
15 Mars 2015
Avec la grâce d'une panthère des neiges, vous vous écartez d'un souple balancement de la paroi et prenez appui des deux mains sur le rebord de la saillie, avant de vous hisser d'une vigoureuse traction pardessus l'obstacle. La suite de l'ascension vous semble en comparaison d'une facilité presque enfantine, et vous atteignez bientôt le sommet de l'escarpement pour vous retrouver au pied du haut portail orné d'un dragon. Là, deux portes cerclées de fer fixées dans la pierre donnent accès à la cité. Elles ne se trouvent pas gardées, et c'est donc inaperçu que vous les franchissez avant de vous enfoncer dans les rues dallées de la cité. Bien peu de citadins arpentent les artères obscures de Haagadar, et la cause en est évidente : l'atmosphère y est si lourdement chargée d'une horrible et pénétrante odeur de sel et de soufre que les rares quidams qu'il vous arrive de croiser marchent le visage dissimulé sous d'épais tampons et masques de tissu qu'ils pressent en permanence sur leurs nez et leurs bouches pour tenter d'échapper à la puanteur infernale. La rue sombre que vous suivez finit par déboucher sur une place centrale qui vous offre deux visions des plus encourageantes. La première est constituée d'un monolithe de pierre dressé au centre de la place et au sommet duquel est attaché un gigantesque oiseau noir... qui n'est autre que la monture du Guerrier Écarlate. Derrière lui, le second spectacle intéressant est un imposant monument qui s'élève en gradins vers le ciel : le Temple des Sandaï ! Coiffées de heaumes rouillés grossièrement modifiés pour que leurs mentonnières demeurent hermétiquement closes, deux créatures en armures montent la garde à l'entrée du temple. Vos sens vous indiquent avec certitude que la dernière Pierre de la Sagesse est là, quelque part à l'intérieur de ce temple, et vous sondez d'un œil fébrile chaque centimètre de sa façade dans l'espoir de découvrir une entrée non gardée. Le bâtiment ne comporte finalement aucune autre porte, mais un large conduit circulaire émerge comme une cheminée du toit de son dernier niveau.
Si vous préférez vous masquer le visage et tenter d'entrer en bernant les gardes.