Lecture des livres dont vous êtes le héros
11 Mars 2015
De l'autre côté de la rivière, la route s'enfonce bientôt sous les épaisses frondaisons d'une vaste forêt. La haute voûte feuillue des grands arbres nimbe d'une éblouissante mosaïque d'ombre et de lumière la piste qui se déroule en serpentant entre deux murs d'une végétation touffue nuancée de vert, de brun et de gris. A mesure que vous progressez, elle devient peu à peu plus difficile et accidentée : de jeunes plants d'arbres et de petits buissons sont parvenus, par endroits, à coloniser sa surface rocailleuse, tandis que, de chaque côté, leurs aînés étendent leurs branches et leur feuillage d'une façon de plus en plus envahissante. Mais, un peu plus loin, la forêt et le tunnel végétal de la route prennent subitement fin au bord d'une vallée abrupte où la piste, désormais à découvert, descend, sinueuse, pour rejoindre un torrent aux flots rapides. Vous menez votre cheval avec précaution le long du chemin escarpé et vous arrivez bientôt, au fond de la vallée, à proximité d'une grappe de cabanes de rondins délabrées. La pourriture et la rouille ont largement envahi les lieux, mais vous pouvez encore reconnaître dans ces ruines les restes d'un ancien établissement minier où des hommes s'échinaient à laver la boue et le gravier à la recherche de pépites d'or. Une pancarte vermoulue et à demi déclouée se balance en grinçant au gré du vent au-dessus d'une porte défoncée. Sa peinture est défraîchie et craquelée, et son bois porte la marque de récents coups d'épée, mais l'inscription qu'elle porte est encore à peu près lisible : mine de KAÏG. A la sortie du village de mineurs abandonné, deux chemins bifurquent. Le premier escalade la pente de la vallée puis disparaît dans la forêt, tandis que le second suit le cours du torrent en remontant vers sa source parmi les sommets enneigés des monts de la chaîne d'Éru.
Si vous voulez prendre le chemin qui gravit le flanc de la vallée.