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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Luttant contre la puissance du fleuve qui vous entraîne vers l'obstacle, vous ramez à contre-courant afin de ralentir votre embarcation et éviter qu'elle ne heurte le barrage de chaînes et de rondins. Vous avez en effet aperçu sur le pont des sentinelles Drakkarims dont l'attention ne manquerait pas d'être attirée par une collision. Manœuvrant avec toute la dextérité voulue, vous obliquez vers le bord de façon à freiner le canot en laissant son étrave racler la rive boueuse, jusqu'à ce qu'il vienne s'immobiliser en douceur contre le barrage. Sans perdre une seconde, vous bondissez sur le rondin le plus proche et vous rejoignez la berge en parcourant le reste de la rangée tel un funambule, eu égard à la couche de glace qui la recouvre. Après avoir gravi, d'un pas aussi rapide que la prudence le permet, un escalier de bois branlant qui monte jusqu'à l'entrée du pont, vous vous accroupissez derrière le parapet pour étudier les défenses de la ville et évaluer le nombre de soldats Drakkarims qui y sont cantonnés. La cité est un morne ensemble de bâtiments, (ous plus ou moins endommagés par la guerre, entourés d'une palissade de rondins qui a dû être etayée et réparée à maints endroits. Cette place Ibrte a été le théâtre de féroces batailles depuis l'an passé, et les stigmates de la guerre y sont partout visibles. Une route semée d'ornières franchit le pont avant de courir en ligne droite jusqu'aux portes de la ville. Vous observez les sentinelles postées sur le pont et autour des portes, mais tout ce que vous apercevez vous emplit de doutes. La cité est étrangement calme et semble faiblement défendue. La garnison Drakkarim est peu nombreuse et les soldats que vous avez pu apercevoir sont, pour la plupart, très jeunes, très vieux ou éclopés. La nuit commence à tomber, les Drakkarims allument des torches tout le long du mur d'enceinte tandis qu'une relève de garde a lieu à la porte principale. A ce moment, un chariot chargé de paille franchit le pont et s'arrête un peu plus loin. Le conducteur descend péniblement de son siège en maudissant son dos perclus de courbatures, puis il s'éloigne vers un des baraquements qui s'alignent en petit nombre entre le fleuve et le mur d'enceinte. Profitant de son absence, vous vous faufilez jusqu'à l'arrière du chariot et vous vous enfouissez dans la paille. Peu de temps après, vous entendez résonner à nouveau la voix éraillée du conducteur et vous sentez le chariot osciller sous son poids lorsqu'il reprend place sur son siège. Un coup de fouet claque et, dans une secousse, le fourgon s'avance vers la grande porte.

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