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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Vous pilotez le navire avec prudence le long d'un entrelacs d'étroits chenaux qui offrent un passage incertain à travers le traître chaos du champ d'icebergs. Mêlant signaux manuels et télépathie, vous indiquez la manoeuvre à l'homme de barre posté à l'arrière du bateau. Régulièrement, votre vision est gênée par des bourrasques de neige poudreuse qui s'abattent des crêtes des falaises de glace et balaient le pont du navire. Frappé de plein fouet par une bourrasque plus violente que les autres, vous êtes momentanément aveuglé par ses furieux tourbillons. Alors que vous levez les mains pour protéger vos yeux assaillis par des milliers de flocons cinglants, le hurlement incessant du vent s'accompagne soudain du crissement torturé de la coque heurtant un banc de glace immergé. Sous la violence du choc, le navire se couche sur bâbord et vous manquez de peu de passer par-dessus bord. Projeté contre le bastingage, vous allez rebondir sur le pont où vous restez un moment étendu, à demi assommé, cherchant votre souffle. (Vous perdez 2 points d'ENDURANCE.) Vous reprenez vos esprits et vous vous relevez d'un bond pour retourner à votre poste à l'étrave. La collision a visiblement semé la terreur parmi l'équipage : presque tous les matelots sont blottis le long de la lisse et adressent de ferventes prières à la déesse Ishir en levant des yeux horrifiés vers les immenses falaises blanches qui menacent de vous engloutir. La peur règne à bord quand, presque sans transition, le vent chargé de neige mollit et le navire émerge du champ d'icebergs pour fendre les eaux libres de la mer de Tozaz. Lorsqu'ils parviennent enfin à se persuader qu'ils ont vraiment échappé à un destin funeste, les hommes d'équipage poussent en chœur un vibrant hourra, et l'un d'eux fait sauter le bouchon d'une vieille bouteille de rhum brun qu'il avait amoureusement conservée pour quelque grande occasion. Il s'en accorde une solide lampée, puis vous passe la bouteille d'un geste fraternel. Mais, au moment où vos lèvres gercées s'entrouvrent pour accueillir la chaude coulée du revigorant breuvage, la voix forte du timonier retentit du haut de la dunette :

- Navire droit devant !

Sentant vos entrailles se nouer à nouveau sous l'étau de la peur, vous vous tournez vers l'avant et vous concentrez votre regard d'aigle sur la lointaine silhouette du vaisseau inconnu.

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