Lecture des livres dont vous êtes le héros
20 Juillet 2015
La puanteur qui règne dans l'immonde cul-de-basse-fosse est proche de l'insoutenable. Le sol est noyé sous une couche gluante de fange verdâtre grouillant de rats galeux. Ne voulant pas abuser de leur hospitalité, vous vous débarrassez rapidement de vos liens grâce à votre maîtrise du Nexus et vous entreprenez d'inspecter les lieux à la recherche de la moindre possibilité d'évasion. Dominant les couinements des rats, un sourd grondement de cataracte résonne dans la fosse, provenant de derrière ses murs. Vous longez la paroi en vous laissant guider par le bruit et vous découvrez, là où son intensité est la plus forte, un panneau de fer à demi enfoui sous la vase. En y regardant de plus près, vous constatez qu'il s'agit de la trappe d'accès d'un déversoir de section circulaire. Vous vous accroupissez dans la boue et vous commencez à vous escrimer sur le battant rouillé quand un raclement de pierre vous fait lever la tête. Un large panneau achève de s'ouvrir dans la voûte de l'oubliette, chassant la pénombre sous un flot de lumière vive. Clignant des yeux, vous voyez un homme en uniforme dont le visage est voilé par le contre-jour se pencher par-dessus le rebord de l'ouverture.
- Étranger, vous m'entendez ? appelle-t-il à voix basse.
- Que me voulez-vous ? Et qui êtes-vous ? rétorquez-vous avec méfiance.
- Parlez moins fort ! Je suis un ami et je suis là pour vous aider à sortir de ce trou.
Flairant un piège grossier, vous laissez passer quelques secondes, le temps que vos yeux s'accoutument à la lumière et reconnaissent l'officier qui accompagnait le Druide sous les remparts.
- Pour m'aider, vraiment ! vous exclamez-vous. Et à l'insu de votre maître et de ses bons amis cénériens, colonel Morghon ! Me croyez-vous assez sot pour gober une telle fable ?
- Certes non, Grand Maître. Et c'est pourquoi je vous ai apporté ceci, en gage de ma bonne foi... réplique-t-il avant de vous lancer un sac de toile. Vous attrapez le sac au vol et vous l'ouvrez... pour découvrir qu'il contient la totalité de vos Objets Spéciaux ! (Inscrivez-les à nouveau sur votre Feuille d'Aventure si vous les en aviez rayés.)
- En vérité, colonel, je serais bien sot de ne pas vous offrir mes plus plates excuses, avouez-vous.
Mais je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi...
- Pourquoi je trahis celui que vous appelez mon « maître » ? coupe-t-il, parce que cet usurpateur et sa clique de sorciers conduisent Eldenor à sa ruine ! Parce que je sais que vous êtes leur pire ennemi, Loup Solitaire, et que s'ils parviennent à se débarrasser de vous, leur pouvoir maudit ne connaîtra plus de limites !
- Tu ne crois pas si bien dire, chien ! siffle soudain une voix venimeuse dans le dos du colonel.
Au même instant, une main empoigne la chevelure du colonel, tire sa tête en arrière et la lame étincelante d'un poignard lui tranche la gorge d'une oreille à l'autre. Les yeux écarquillés d'horreur, le malheureux bascule en avant et va s'écraser à vos pieds dans un jaillissement de vase. Son assassin éclate d'un rire satanique, et vous le voyez apparaître dans l'encadrement de la trappe.
-Quelle triste mine vous faites, Grand Maître! raille-t-il. N'êtes-vous pas satisfait de cette nouvelle compagnie? Il est vrai que la conversation de ce pauvre Morghon risque désormais d'être un peu-limitée.
Son visage jeune, orné d'une barbe pointue et de fines moustaches taillées à la perfection, est déformé par un rictus de joie malsaine. La blancheur aristocratique de sa peau et l'opulence de sa tunique de velours brodé d'or achèvent de vous convaincre qu'il s'agit du prince Lutha, le maître autoproclamé de Duadon.
- Misérable assassin ! grondez-vous. Attaquez-vous toujours vos victimes par derrière ?
-Allons, allons, Grand Maître, pourquoi vous emporter ainsi ? Mais je vois que la disparition de votre nouvel ami vous a profondément affecté.
Après tout, vous m'avez épargné la peine et les soucis d'une longue traque en venant à Duadon vous jeter dans mes bras accueillants, et je vous dois bien une petite faveur. Soyez rassuré, Loup Solitaire, vous allez bientôt rejoindre cet imbécile ! Sur ces mots, le Prince étend la main droite avec un petit ricanement et pointe sur vous un index entouré d'un anneau serti d'une gemme lumineuse de cristal vert. Empli d'une soudaine épouvante, vous réalisez qu'il s'agit d'un Anneau de Pouvoir façonné par le Dieu Sombre en personne et chargé de sa puissance maléfique !
Si vous possédez le Glaive de Sommer et si vous désirez le tirer du fourreau.
Si vous maîtrisez la Grande Discipline de l'Alchimie Kaï et si vous voulez en faire usage.