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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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- Flanquez-le par terre ! rugit le sergent. Deux de ses hommes lâchent aussitôt leurs lances et se ruent sur vous pour exécuter son ordre. Répondant à une sèche traction sur ses rênes accompagnée d'une vigoureuse pression sur ses flancs, votre monture se cabre brusquement en battant l'air de ses antérieurs et gratifie au passage chacun de vos agresseurs d'un bon coup de sabot en pleine poitrine qui les envoie rouler dans la poussière. Effrayés par le comportement erratique de votre cheval, leurs camarades refluent dans le plus grand désordre, libérant assez d'espace pour vous permettre de faire volter votre monture et de la lancer au triple galop dans la ruelle la plus proche. Tandis que vous foncez à bride abattue le long de cette voie déserte, un coup d'œil par-dessus votre épaule vous apprend que les prévôts se sont ressaisis et lancés à vos trousses. Vous poussez votre destrier de plus belle mais pas pour longtemps : après un tournant à angle droit, la ruelle s'achève en cul-de-sac ! Freinant des quatre fers, vous vous immobilisez face à une maison de trois étages ornée d'un balcon qui surplombe un portail d'écurie à double battant. Par chance, la serrure est hors d'usage et il vous suffit de tirer sur un battant pour l'ouvrir et faire pénétrer votre monture dans la pénombre qui y règne. Vous mettez pied à terre pour aller refermer le portail et l'assujettir avec le manche d'un marteau qui traînait sur le sol jonché de paille. Quelques instants plus tard, vous entendez résonner sur le pavé les bottes de vos poursuivants déboulant au pas de course à l'angle de la ruelle. La grosse voix de leur sergent ordonne d'inspecter les entrées de toutes les maisons qui donnent sur le cul-de-sac. Retenant votre souffle, vous écoutez deux soldats approcher du portail de l'écurie et appuyer sur ses battants avec le manche de leurs lances. I.es portes grincent, craquent, bougent de quelques centimètres mais leur résistance suffit à convaincre les deux prévôts qu'elles sont verrouillées de l'intérieur et ils s'éloignent pour aller inspecter la maison suivante. Au bout de quelques minutes, la patrouille quitte la place et vous poussez un profond soupir de soulagement... quand une lumière jaune surgit soudain derrière vous ! Vous vous retournez d'un bond, pour voir se découper la silhouette chétive d'une vieille femme dans l'encadrement d'une porte, au sommet d'une courte volée de marches. Elle tient une lanterne dans une main et un couteau à découper dans l'autre.

Vous n'avez rien à faire ici, chevrote-t-elle d'une voix étouffée par la peur. Sortez de chez moi... fichez-moi le camp !

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