Lecture des livres dont vous êtes le héros
29 Août 2015
Moins d'une heure plus tard, vous atteignez un carrefour où la piste quitte la forêt pour rejoindre la grand-route qui relie Tido à Tekaro. Cette route longe l'étendue apparemment infinie de la plaine Slovarienne, une verdoyante prairie qui s'étale à perte de vue. Inquiet d'une présence ennemie, vous scrutez cet océan d'herbes ondulantes mais vous n'apercevez que quelques chevaux sauvages. Prenant la direction de Tekaro, vous chevauchez à bonne allure. Tandis que la matinée s'écoule, Rufus vous parle des batailles qui se sont déroulées dans la plaine au cours des dernières semaines. - C'est une terre de cavaliers, commente-t-il. Combattre ici, c'est comme faire la guerre en haute mer. Rapidité de mouvement et force de frappe sont les clefs de la victoire. Nous autres, Sloviens, nous sommes de fameux cavaliers et guerroyer ne nous fait pas peur : ainsi, nous sommes longtemps restés les maîtres de ce pays. Nos généraux se faisaient fort de balayer la lourde infanterie Eldenorienne dès qu'elle oserait s'avancer dans la plaine, mais nous n'avions encore jamais affronté les Vorkas. Et cela a été notre perte. Ces démons peuvent courir aussi vite que des loups affamés et ils ont la puissance de chevaliers en armure. Ah, si seulement nous avions connu un moyen de les anéantir...
Rufus vous interroge sur votre mission, mais vous préférez avec sagesse n'en révéler aucun détail. - Ce n'est pas par manque de confiance, lui expliquez-vous avec sincérité, mais il vaut mieux que vous ne sachiez rien. Les Eldenoriens n'hésitent pas à torturer leurs prisonniers. Si, par malheur, vous devez être à nouveau capturé, ils ne pourront pas vous faire avouer ce que vous ignorez. Au cours de l'après-midi, vous croisez plusieurs cavaliers eldenoriens faisant route vers Tido. Quelques-uns crachent au passage une bordée d'insultes à Rufus, mais aucun ne vous retarde ni ne tente de vous arrêter. A la tombée du soir, vous atteignez un nouveau carrefour où une piste poussiéreuse venant de l'Ouest rejoint la route. Rufus vous informe que ce chemin conduit à la cabane de son oncle dans les bois, aussi quittez-vous la route pour le suivre. Cinq kilomètres plus loin, vous arrivez devant un monticule de pierres coiffé d'un mât en bois arborant un drapeau slovien en lambeaux. Dès qu'il aperçoit le drapeau, Rufus vous fait signe de faire halte.
Il y a quelque chose qui cloche, vous chuchote-t-il. Le drapeau... il est à l'envers. C'est un signal pour nous prévenir.
Vous mettez silencieusement pied à terre et vous attachez vos chevaux sous les arbres avant d'approcher de la cabane à pied. Nichée au fond d'un étroit ravin, la maison de rondins est entourée de plusieurs dépendances de moindre taille. Trois chevaux sellés sont attachés à une barrière sur le côté du bâtiment principal et, lorsque vous magnifiez votre vision, vous constatez qu'ils sont arnachés exactement comme votre propre monture : ce sont des destriers de l'armée d'Eldenor. Vous vous approchez de la cabane à pas de loup et vous glissez un coup d'œil par une fenêtre latérale. Rufus étouffe un cri lorsqu'il aperçoit son oncle Philo et sa tante Xera ligotés sur des chaises et placés dos à dos au centre de la cabane. Autour d'eux, trois Eldenoriens patibulaires pillent et saccagent le modeste logis, et vous les entendez promettre à leurs victimes une mort atroce si elles n'avouent pas où est caché leur or. A ces mots, le sang de Rufus ne fait qu'un tour. Brûlant de voler au secours de ses parents, il vous presse d'intervenir sans perdre un instant, mais vous essayez de calmer son ardeur, craignant qu'une intervention trop brutale ne mette la vie des otages en péril.
Si vous vous rangez finalement à l'avis de Rufus et choisissez de passer à l'attaque sans délai.