Lecture des livres dont vous êtes le héros
29 Août 2015
Vautré à l'arrière du fourgon vide, vous passez les trois heures qui suivent à regarder défiler les fermes et les vignes du Demeraquill en vous laissant bercer par le martellement régulier des sabots du puissant attelage sur la grand route de Duadon. Mais à l'approche de la cité ennemie, vous vous redressez pour observer d'un œil plus attentif les mouvements de troupes et de fournitures. Bientôt, vous arrivez en vue des murs sombres de la ville et votre fourgon ralentit pour rejoindre une longue queue d'autres véhicules attendant de franchir la Porte Sud. Au loin, sur la gauche, vous remarquez une longue colonne de chariots roulant vers la Porte Ouest, chargés de minerai et de bois d'abattage : matières premières destinées aux armureries de Duadon. Sur la droite, une file apparemment sans fin de Vorkas se déverse de la Porte Ouest et marche vers le Storn. Votre sixième sens vous dit qu'ils vont renforcer l'armée eldenorienne qui assiège Varetta. Tandis que votre fourgon avance peu à peu vers la porte, vous laissez vos yeux courir le long des sombres murailles et des tours menaçantes des remparts. A travers la herse qui commande l'étroite arche voûtée du portail, vous pouvez apercevoir quelques pans de bâtiments sales enveloppés de nuages de fumée noire. L'atmosphère de la cité semble aussi lugubre qu'inhospitalière. A l'intérieur des hauts murs de son enceinte fortifiée, la capitale d'Eldenor résonne du fracas incessant des marteaux-pilons et du ronflement des fours géants. Sous l'égide de Vandyan, Duadon s'est métamorphosée en une sorte d'énorme machine, une gigantesque et terrifiante usine vouée à la guerre et à la production monstrueuse de ses hordes conquérantes de Vorkas. C'est enfin au tour de votre chariot d'entrer sous le porche où il s'immobilise à la hauteur de deux gardes cuirassés. Les cerbères échangent quelques mots avec le conducteur, puis ils viennent à l'arrière du véhicule et demandent à voir vos ordres de mission. Lorsque vous leur répondez que vous les avez perdus, ils froncent les sourcils d'un air soupçonneux et vous ordonnent de descendre du fourgon.
- Tu perds ton cheval, tu perds tes ordres... c'est beaucoup de négligence, soldat, lance, sarcastique, le plus grand des deux.
- Remarque, on n'est pas des gens bornés. Si tu avais des arguments... assez convaincants à nous offrir, suggère insidieusement l'autre, on pourrait peut-être se montrer indulgents. Qu'est-ce que t'en dis?
Ces deux sentinelles vous invitent on ne peut plus clairement à leur verser un pot-de-vin pour qu'ils consentent à fermer les yeux sur votre « négligence ». Et si ce pot-de-vin est à la mesure de la cupidité que vous pouvez lire dans leurs yeux chafoins, son prix promet d'être exorbitant !