Lecture des livres dont vous êtes le héros
3 Septembre 2015
- Ne me reconnaissez-vous pas, seigneur Maréchal ? demande votre compagnon.
- Prince Karvas ! Par tous les dieux, est-ce que je rêve ! s'exclame le vieil homme. Karvas croupit en exil, vous devez vous moquer de moi. Ce doit être encore une des sales manigances de Sadanzo. Je parie que vous et votre acolyte êtes des imposteurs à sa solde !
Karvas remonte la manche de sa tunique et s'approche du vieil homme pour lui montrer la tache de naissance sur son poignet. Mais Phédros, les sens embrumés par le vin, se méprend sur son geste et croit à une agression.
- Emparez-vous d'eux! hurle-t-il, et aussitôt quatre gardes du corps se précipitent sur vous.
Deux d'entre eux plaquent Karvas au sol, tandis que les deux autres fondent sur vous, le glaive à la main. Ne voulant pas risquer la vie du Prince, vous vous rendez. Pendant qu'on vous dépouille de vos armes et équipement, Karvas s'efforce de convaincre le Maréchal qu'il est vraiment le Prince héritier, mais Phédros fait la sourde oreille et appelle en renfort d'autres gardes pour vous traîner dans une cellule du quartier disciplinaire de la caserne.
A la première heure du jour, la porte de votre cellule s'ouvre sur le Maréchal, accompagné de Sadanzo et d'une douzaine de ses chevaliers-brigands. A la vue du Prince Karvas enchaîné au mur, le Roi fraîchement couronné ne peut retenir un ricanement de joie mauvaise. Il tire de son manteau d'hermine une scintillante gemme verte, et votre sixième sens vous avertit que cette objet magique irradie de puissantes ondes psychiques qui lui permettent de contrôler à sa guise l'esprit de Phédros.
- Ainsi donc, Maréchal Phédros, susurre Sadanzo, voici l'imposteur et son complice. Vouloir se faire passer pour ce pauvre Prince Karvas, tss, tss... quelle infâmie ! Pouvez-vous me rappeler la peine que l'usage veut qu'on applique aux auteurs des crimes de lèse-majesté, mon bon maréchal ?
- La... mort... Votre... Altesse, croasse Phédros d'une voix mécanique qui vous montre qu'il ne parle pas sous l'effet de sa propre volonté. Karvas se met à hurler tel un possédé en tentant de s'arracher à ses fers, mais la gemme flamboie dans la main de Sadanzo et le Prince devient aussi silencieux et immobile qu'une statue de cire. Vous sentez que vos défenses psychiques Kaï vous préservent de succomber au pouvoir anésthésiant de la pierre maléfique, mais vous n'en êtes que plus cruellement conscient de votre totale impuissance.
- Eh bien, mes fidèles chevaliers, s'écrie Sadanzo à l'adresse de ses sbires patibulaires, n'avez-vous donc pas entendu le Maréchal ? Ces odieux criminels méritent la mort !
Puis, il se retourne vers Karvas et vous, et un sourire diabolique se dessine sur son visage.
- Au nom de la Couronne de Siyen et par Notre Volonté de Monarque Souverain, Nous vous condamnons tous deux à avoir la gorge tranchée jusqu'à ce que mort s'ensuive. Qu'on exécute la sentence !
Sur ces paroles, les séides du nouveau maître de Siyen s'empressent de dégainer leurs épées et s'approchent avec des rictus torves. Heureusement pour vous, ce sont des tueurs expérimentés et vos souffrances sont relativement brèves. Malheureusement, cette double exécution met un terme tragique à votre aventure...