Lecture des livres dont vous êtes le héros
2 Octobre 2015
La noirceur ambiante est si profonde que vos lampes-torches peinent à la percer. À votre gauche s’élève une falaise sombre, grossièrement taillée ; à votre droite plonge un précipice béant. Au dessus et au-dessous de vous s’étendent des ténèbres insondables.
« La escalera del Infierno, » murmure Perez, la voix tremblante.
« Ne soyez pas stupide ! No seas estúpido ! Tenez votre langue et suivez-moi, » lui répondez-vous d’un ton ferme.
Vous descendez les premières marches de l’escalier. Celles-ci sont étonnamment étroites et basses – comme si elles avaient été conçues pour une race de pygmées ou de nains – ce qui rend votre progression particulièrement dangereuse et pénible. Tandis que vous vous enfoncez dans l’ombre, vous remarquez avec effroi que la faible lueur qui émane du portail par lequel vous êtes entrés se déplace lentement : alors qu’elle devrait se trouver derrière vous, elle se situe maintenant sur votre droite ! Vous finissez par comprendre que l’endroit où vous vous trouvez s’apparente à un immense gouffre circulaire. La courbure de l’escalier aménagé le long de sa paroi est presque insensible, mais vous la percevez maintenant.
Vous continuez à descendre, et le temps file, monotone. Une heure s’écoule, bientôt deux. Le silence est pesant, parfois rompu par l’un ou l’autre de vos compagnons – mais les paroles prononcées sont toujours brèves et rarement encourageantes. L’aspect cyclopéen des lieux vous pèse, vous renvoyant à votre propre insignifiance. La fatigue commence à vous gagner. Vos pas deviennent hésitants. Et cela d’autant plus que rien ne vous permet d’affirmer que vous approchez du fond ! Les mots de Perez se répètent encore et encore dans votre tête... L’escalier qui mène en Enfer... Un frisson vous parcourt l’échine. Et si c’était vrai ?
Enfin, vous arrivez à une sorte de palier sur lequel s’ouvre l’entrée d’un tunnel peu profond. Vous proposez à vos compagnons de vous arrêter quelques instants pour récupérer un peu, une offre qu’ils s’empressent d’accepter. Vous pénétrez dans la petite cavité creusée dans la roche. Tout au fond, un dessin a été gravé contre la paroi. Vous vous en approchez, intrigué. Vous avez le plus grand mal à identifier ce qu’il représente, sauf certains éléments qui vous paraissent vaguement familiers. Par exemple, cette construction névrotique, se pourrait-il qu’il s’agisse du temple ? Et cette lumière qui semble tomber du ciel... N’est-ce pas ainsi que le Mandataire vous a décrit l’Artefact ? En revanche, impossible d’interpréter l’omniprésence de ces créatures reptiliennes... Une représentation stylisée de la peuplade qui a bâti cet endroit, peut-être ? À moins que ces hommes-lézards ne soient eux-mêmes... Non, cette pensée est
intolérable !
Mais qu’importe tout cela. Vous vous asseyez sur le sol et vous appuyez contre le mur, épuisé. Vous avez bien mérité un peu de repos... Vous regardez vos compagnons. Perez et Jensen dorment déjà. Pas raisonnable... Trop risqué... Vous dodelinez de la tête. Vos yeux se ferment tout seuls. Vous luttez encore un peu, mais l’attrait du sommeil est trop fort.