Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Octobre 2015
Vous vous cramponnez fermement à votre monture ailée, plongeant vos mains dans ses plumes tandis qu’elle déploie ses larges ailes et s’envole. A cru sur la bête et sans harnais, vous avez bien du mal à garder votre équilibre. L’aigle géant dépasse la cime des arbres et prend de l’altitude pour se repérer. Vous en profitez pour embrasser le marais du regard. Vous ne distinguez cependant pas grand-chose dans la brume perpétuelle. Seule la rivière qui le sillonne transparaît nettement. Mais le regard perçant de votre allié traverse la couverture nuageuse et il se laisse descendre en planant, tout en décrivant des cercles concentriques. Votre destination se dessine petit à petit à vos yeux. Il s’agit d’une clairière plutôt banale, cercle d’herbe verte dépourvu de fleurs ou de plantes parasites. Vous finissez par identifier l’unique animal qui l’occupe comme étant un gros serpent. Vous pensez que l’aigle va vous déposer dans la clairière, mais il atterrit sur la branche d’un grand arbre, bien loin du sol. Il contemple le serpent d’un air apeuré, et vous comprenez qu’il n’a guère envie d’aller plus bas. Vous êtes obligée de descendre de branche en branche, vous laissant glisser. Cette entreprise est risquée et certaines branches fragiles. Que ce soit par la chance ou par votre équilibre devenu plus sûr à force de fréquenter le sol instable du marais, vous arrivez en bas sans encombre. Un dernier bond et vos pieds rencontrent le sol dur de la clairière. Le serpent est enroulé sur lui-même au centre exact de la clairière. Il est énorme, plus large et grand qu’un python moyen, sa gueule pouvant aisément gober votre tête sans faire beaucoup d’effort. Il est réveillé, mais se contente de vous observer de ses yeux jaunes. Vous remarquez que des petites particules argentées semblent collées à ses écailles tout au long de son corps. Le serpent se redresse lentement, et vous dégainez votre arme. L’écaille confiée par Ophidiane devrait vous protéger de cette bête, mais sait-on jamais ? Le reptile avance tranquillement, puis s’arrête et tend le cou pour pouvoir vous regarder dans les yeux. Vous l’entendez alors parler d’une voix sifflante :
« Vous me semblez bien hardie jeune fille. Ignorez-vous qui je suis ? Cessez donc de me fixer avec cet air hébété ! Vous me preniez pour un banal serpent ? Le goût du secret des Maîtres les perdra. Sinon, ils vous auraient parlé de la vraie nature des amulettes. Pour faire simple, disons qu’en chaque amulette est scellé un esprit magique. Qu’il soit bon ou mauvais n’est pas bien important, tout ce qu’il faut c’est qu’il soit puissant. Nous avons conclu des pactes avec une antique civilisation qui vivait autrefois en ces lieux, alors que la terre y était bien plus présente que l’eau. Aujourd’hui, les gens ont oublié. Mais nous avons perduré, et nos pouvoirs aussi, confinés dans ces babioles d’argent. Mais le destin a décidé de m’offrir la liberté. A moi l’OUROBOROS, le seigneur des serpents ! »
Le serpent se détend alors, libérant une formidable quantité d’énergie magique dans l’air. Vous ressentez maintenant la force de cet être qui n’est pas de ce monde, les radiations de pure puissance qui émanent de son corps.
« La Maîtresse des Oiseaux a tenté de me détruire en même temps que l’amulette. Mais elle a surestimé ses forces, et n’a réussi qu’à me libérer partiellement. Elle m’a alors enfermé ici. Si j’absorbe ton énergie, je serai en mesure de briser mes derniers liens avec l’amulette. Alors fais-moi le plaisir de mourir honorablement au combat ! »
Et le serpent s’élance sur vous. Le combat risque de s’avérer difficile.
Si vous voulez utiliser la magie, c’est maintenant ou jamais.