Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Octobre 2015
Vous pataugez longuement dans la fange avant d’atteindre la clairière n°6.
Si c’est la première fois que vous y parvenez, poursuivez votre lecture.
Cette partie du marais est un véritable bourbier où votre progression est à la fois lente et exténuante. Chaque nouvelle enjambée vous enfonce jusqu’à mi-cheville dans la vase, dont la voracité gluante a déjà failli vous coûter vos bottes à plusieurs reprises. La traîtrise du terrain vous a valu quelques chutes et votre état de saleté est encore plus épouvantable que ce qu’il était jusque-là. Fort heureusement pour vous, votre sens de l’odorat a fini par capituler face aux miasmes insupportables du marais et vous êtes rigoureusement incapable de discerner encore la moindre odeur. Le paysage qui vous entoure est d’une grande monotonie et vous avez du mal à rester vigilante. La végétation se limite essentiellement à des roseaux effilés et diverses plantes aquatiques. Vous êtes obligée de contourner les mares boueuses qui s’ouvrent parfois sur votre chemin. La faune est plus discrète et moins bruyante que dans d’autres parties du marais, mais elle n’est pas inexistante. Des scorpions – dont le plus grand ne dépasse pas la longueur de votre petit doigt – font la chasse aux insectes parmi les herbes. Des batraciens suivent votre approche de leurs yeux globuleux. En revanche, vous n’entendez pas un oiseau. L’atmosphère pesante et humide n’est troublée que par le bruit de votre difficile progression. Impatiente d’échapper enfin à cette tourbière, vous vous efforcez de hâter le pas lorsque, sans le moindre avertissement, votre jambe s’enfonce dans la boue jusqu’au genou ! Totalement prise au dépourvu, vous tentez de reprendre pied, mais le sol semble avoir perdu toute solidité autour de vous. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, vous êtes déjà enlisée jusqu’à mi-cuisse. Une bouffée de panique incontrôlable vous gagne, mais votre instinct d’aventurière entre aussitôt en jeu pour la juguler. Tant que vous gardez votre calme, vous devriez pouvoir vous tirer de ce piège naturel. Mais un frisson de terreur parcourt votre échine lorsque vous sentez votre Anneau de Cuivre se réchauffer soudain et que vous entendez quelque chose approcher derrière vous.