Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Octobre 2015
Si vous avez déjà visité la clairière n°29.
Sinon, lisez ce qui suit.
Cela faisait déjà deux jours qu’Aryoth avait pénétré dans le Marais aux Scorpions, ce lieu à la réputation sordide. Il avait vaillament affronté toutes les créatures qui s’étaient trouvées sur son chemin : Orques, Gobelins, Trolls des Marais… Deux de ses Loups avaient même péri dans ces terribles confrontations. Il avait fini par découvrir cette imposante bâtisse abandonnée, mais ce n’était hélas pas celle qu’il recherchait. Il l’avait malgré tout inspectée, et, comme il s’en doutait, elle appartenait bien à l’un des Maîtres du Marais : le Maître des Vers. Une fouille rapide révéla quelques trouvailles intéressantes, en particulier un énorme ouvrage qui rendait compte d’expériences de Nécromancie, pendant lesquelles il cherchait à invoquer certains esprits des Enfers. Un mauvais Maître, donc.
Aryoth se reposa quelques heures ici avant de repartir accomplir son destin. Il pouvait compter sur ses précieux alliés, les Loups, pour le protéger. Ils étaient devenus sa seule famille, depuis qu’un infâme lâche avait assassiné son père. Aryoth se rappelait encore ce jour où il avait entendu, caché sous ses draps, son père ordonner à un étranger de décamper… Puis le combat qui suivit… Ses cris de douleur… Les hurlements des loups… Il avait cinq ans. Ging, qui veillait sur lui, s’était alors posté devant la porte, préparé à combattre le meurtrier. Mais votre père avait pris soin de la verrouiller à l’aide d’un sort, de sorte qu’on ne puisse l’ouvrir de l’extérieur. Après quelques heures, Ging et lui se sont aventurés dehors, et d’autres loups les ont rejoint. Sa mère étant morte à sa naissance, inutile de songer à un secours de ce côté-là : il dut apprendre à vivre comme une bête… Un Loup parmi d’autres.
Tous sont partis hors du Marais, vers le nord de Khul et d’autres forêts plus accueillantes. Jusqu’à ce qu’Aryoth eut cette révélation. Une nuit, il rêva de son père, qui lui demanda de lui succéder comme Maître des Loups. Un signe des dieux, certainement.
Une tenace rancoeur avait longtemps obscurci ses yeux, mais il avait appris à maîtriser ses instincts et à se rendre à l’évidence : Libra seule sait où se trouve maintenant le misérable assassin. Non, son seul but est à présent de mettre la main sur l’Amulette que son père détenait jadis. Elle se trouve peut-être encore dans la clairière où il a passé ses cinq premières années, ici, dans le Marais. Il n’a en effet aucun souvenir du cadavre de son père qu’il n’avait pas regardé de peur de confirmer l’insoutenable vérité. Donc, impossible de savoir s’il la portait ou non. De toute façon, où qu’elle se trouve, il avait fait le serment de la retrouver, au péril de sa vie et de celle de ses Loups.
Aryoth est alors tiré de ses rêves par son bon vieux Ging, qui se met à lui lécher la joue comme à son habitude. Il est temps de repartir. Le jeune homme se lève, époussette ses affaires, et jette un coup d’oeil par une des fenêtres de la maison du Maître, pour voir si un éventuel ennemi se trouve à l’extérieur. Plutôt qu’une immonde créature, il aperçoit alors une charmante jeune femme, qui vient d’entrer dans la clairière. Elle est jolie, mais semble éreintée et un peu perdue. La pauvre a probablement dû affronter mille dangers pour arriver ici. Peut-être a-t-elle trouvé ce qu’il recherche ?
Aryoth appelle ses Loups d’un sifflement, et tous se dirigent vers la porte d’entrée de la maison du Maître.