Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Octobre 2015
Si vous avez déjà rencontré le capitaine Daigledor.
Vous quittez Bourbenville en direction du Marais, ce qui vous attire les regards des villageois. Certains sont compatissants, sûrs de savoir quel sort vous y attend, d’autres sont plus attirés par vos formes que par la direction que vous prenez. Mais vous n’en avez cure, et de toute façon, le Marais n’est pas votre destination – du moins pour l’instant. En effet, après la sortie du bourg, vous prenez vers l’est. Au bout de quelques minutes, comme vous l’avait indiqué le tavernier, vous voyez apparaître la Maison des Patrouilleurs. Elle a visiblement connu des jours meilleurs : c’est une grande bâtisse de pierre organisée autour d’une cour carrée. L’une des ailes effondrée dégage une impression d’abandon de l’ensemble. Vous commencez à vous demander si les Patrouilleurs existent encore, mais vous constatez que l’entrée de la cour, dont la porte est ouverte, est gardée par deux d’entre eux. Vous les saluez et leur demandez à voir le capitaine Daigledor. Celui de gauche vous répond : « Suivez-moi, mais essayez de faire vite. Dans l’état où il est, c’est pas le moment de trop l’embêter. »
Vous haussez le sourcil en entendant cela, mais vous lui emboîtez le pas sans mot dire. Vous traversez la cour où une dizaine de patrouilleurs s’entraînent, certains au tir à l’arc, d’autres au combat rapproché. Tous ont l’air surpris de vous voir : comme toujours, les casernes sont des endroits purement masculins, et vous attirez donc non seulement les regards, mais aussi quelques sifflets de la part des plus hardis. Néanmoins, vous y êtes tellement habituée que vous n’y prêtez plus attention et suivez le patrouilleur dans le bâtiment principal. Il vous laisse devant la porte du bureau du capitaine. Vous frappez deux coups, et une voix assourdie vous invite à entrer, ce que vous faites.
Le bureau du capitaine Daigledor est meublé sobrement, mais avec un certain goût et sans faste superflu. Il y a certes un tapis, mais il est peu épais et a visiblement connu des jours meilleurs. Les murs sont ornés de trophées de chasse, vous ne doutez pas qu’ils soient à mettre à l’actif de Daigledor. Son bureau se trouve dans un coin de la pièce, face à vous, et le capitaine y est assis. Il se lève pour vous accueillir, et vous ne pouvez réprimer un frisson d’horreur mêlé de surprise lorsqu’il s’avance vers vous : en effet, l’homme est grand et bien découplé, et abondamment barbu comme vous l’a précisé le tavernier de Bourbenville, mais vous ne pouvez détacher votre regard de ses yeux : ils sont entièrement blancs. Daigledor est aveugle !
« Bonjour, mademoiselle. Je vous en prie, asseyez-vous et exposez-moi le motif de votre venue.
»
Vous restez interdite. Comment a-t-il pu deviner votre sexe ? Après quelques secondes, vous vous ressaisissez et prenez un siège. Daigledor contourne son bureau et retourne s’asseoir dans son propre fauteuil. Vous lui expliquez alors que vous êtes une aventurière en quête de hauts faits à accomplir, et que vous avez appris la disparition des patrouilleurs. « Et vous désirez nous aider… C’est tout à votre honneur, mademoiselle. Laissez-moi vous expliquer l’histoire plus en détail.
Tout a commencé il y a quelques mois, quand des marchands se sont mis en tête de rouvrir l’ancien chemin qu’avait ouvert Pompatarte, il y a vingt ans de ça. Comme vous le savez sans doute, les chenaux du marais bougent sans cesse, et la carte du vieux Pompatarte ne servait plus vraiment à grand-chose. Mais vous connaissez les commerçants : quand il y a un profit à la clé, on dirait qu’ils perdent tout leur bon sens. En tant que capitaine des Patrouilleurs, j’ai tenté à plusieurs reprises de les dissuader, mais rien à faire. Bien sûr, ils ont disparu corps et biens. J’avais peu d’espoir de les retrouver, mais il me fallait quand même entreprendre des recherches. Elles n’ont duré que quinze jours, car deux de mes hommes ont disparu à leur tour, sans laisser de traces. Ça fait vingt ans que je suis en poste, mais je n’avais jamais perdu deux hommes en deux semaines. Il se trame quelque chose de très bizarre dans le marais, mais impossible de découvrir quoi.
Donc, si vous voulez vraiment être utile, essayez de retrouver les Patrouilleurs et les Marchands disparus. Si vous pouviez découvrir aussi la raison de ces disparitions, cela serait encore mieux. Acceptez-vous ? »
Si l’aubergiste vous en déjà parlé, vous pouvez aller directement voir ce sinistre personnage.
Si vous voulez d’abord demander à Daigledor quelle sera votre récompense.