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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Tout en prenant un excellent repas, vous réfléchissez aux implications. Au pire, vous en avez pour quelques jours d'ascension. Ce qui vous tracasse, c'est le picotement qui est probablement dû à la couche d'ozone. Ce qui signifie que si vous la dépassez, vous allez griller - si vous ne finissez pas empoisonné avant par le gaz protecteur. À moins que cette tour ne possède un champ de force qui protège les personnes empruntant cet escalier délirant. Vous décidez finalement de continuer ; au moindre pépin, il sera toujours temps de redescendre. Le soir, vous vous pelotonnez du mieux que vous pouvez. Grâce à la Corne, vous générez les boissons chaudes que vous buvez entre deux siestes. Vous craignez de mourir de froid, et la fatigue se fera ressentir le jour suivant.
Quand le soleil se lève, vous vous réveillez complètement transi, épuisé (Vous perdez 8 points d'Endurance ; si vous possédez une Fourrure de Yak'Mouth vous n'en perdrez que 4). Vous mettez près d'une heure à vous réchauffer le corps. Les premières marches sont les plus difficiles. Petit à petit, vous reprenez du poil de la bête, grâce à la Corne d'Abondance qui vous fournit toute l'énergie nécessaire. De nouveau, le crépuscule rougeoyant annonce une nouvelle nuit glaciale. Vous consommez un maximum de nourriture énergétique, puis passez une nouvelle nuit entrecoupée de prise de boissons revigorantes pour ne pas mourir gelé. Votre ascension continue ainsi les six jours suivants le long des marches trop dures. Les écarts de températures démoniaques vous épuisent ; vous brûlant le visage de chaleur le jour, et vous gelant jusqu'au tréfonds de votre être la nuit (Si vous n'avez pas la Fourrure de Yak'Mouth, considérez que votre aventure se finit lors de la cinquième nuit, car vos vêtements ne vous permettent pas de survivre à ses conditions inhumaines. Si vous avez la Fourrure de Yak'Mouth, abaissez votre total d'Endurance à un, cette ascension vous a mené aux extrêmes limites de vos capacités).
En vous référant au décor que vous connaissez maintenant par coeur, vous estimez bientôt boucler votre premier tour de Tour, pourriez-vous dire. Première bataille remportée contre vous-même, le froid, et ce joyau impossible. Vous ne savez plus si vous avez envie de continuer, de vous arrêter, de redescendre, voire de vous jeter dans le vide. Complètement épuisé et hagard, vous manquez de chuter lorsqu'une marche inexistante se dérobe sous votre pied. Par réflexe, vous vous jetez contre la paroi, fermez les yeux, et respirez par saccades. En rouvrant les yeux, vous voyez un palier qui marque la fin de l'escalier. Avec ironie, vous craignez avoir raté un panneau « construction inachevée, ne pas monter ». Allongé le long des marches, les arrêtes vives de diamant incrustées dans votre chair vous font mal, ce qui vous empêche de glisser dans un endormissement fatal. C'est en vous relevant que vous remarquez une ouverture hexagonale dans la paroi. En lâchant un soupir de soulagement, vous vous dirigez vers cette entrée salutaire à quatre pattes. À l'intérieur, vous êtes arrêté net par une sorte de membrane qui bloque le passage. En appliquant votre main, vous constatez qu'elle est composée de lamelles qui s'écartent. Vous ressentez un léger souffle à ce moment. Intrigué, vous passez à travers, et vous retrouvez devant une autre de ses membranes organiques. Vous franchissez ainsi une cinquantaine de sas répartis sur toute la longueur du tunnel. Au fur et à mesure de votre progression, vous sentez une augmentation de la température et de la concentration d'air. Au bout de ce système, un nouvel escalier s'ouvre à l'intérieur de la tour. Soulagé, vous abandonnez à une
grosse nuit réparatrice avant de monter la moindre marche.
La chaleur agréable, l'absence de vent, et la diminution progressive de la gravité facilitent votre ascension. Bien que la luminosité intensive du diamant vous fasse mal aux yeux en fin de journée. Vous passez des semaines à monter l'escalier de cristal. Votre corps est devenu une machine dont la seule finalité est de gravir des marches cristallines d'un couloir vitreux infini. Le fait d'être enfermé continuellement vous pèse. Quelle vue magnifique auriez-vous à l'extérieur.
Les derniers jours, vous ne pensez même plus. Vous avez épuisé vos moindres souvenirs, vos moindres réflexions théoriques, aucune projection dans l'avenir ne vient plus vous effleurer, puisque celui-ci n'est qu'une marche de plus qui mène à une autre marche qui mène à une nouvelle marche qui… Cet endroit une version gelée du légendaire désert du Tartare, reste à savoir quel a été votre crime.
Enfin vous avez du nouveau en face de vous : un porte en acier marquée « Terminus ». Vous devez fournir un immense effort de concentration pour faire stopper votre corps qui aurait bien continué jusqu'à heurter l'obstacle. Debout et immobile, vous regardez cette aberration. Un flash cauchemardesque traverse votre esprit : derrière cette porte, un autre escalier ! C'est cette horrible possibilité qui vous paralyse. Vous ne supporteriez pas une telle vision, vous le savez. Même un mur serait acceptable. Vous délirez encore pendant une demi-heure, vous enfonçant dans des considérations psychologiques et des hypothèses mythologiques incertaines. C'est votre ventre criant famine qui vous ramène sur le chemin de la raison. Vous prenez un repas assez banal, ayant épuisé de l'envie à l'écoeurement tous les plats de vos rêves lors de cette ascension. Après une petite sieste, vous vous approchez enfin de la porte. Par réflexe, vous cherchez le nom et la sonnette du propriétaire, mais il n'y a rien du tout. Vous entreprenez de toquer quand celle-ci glisse brutalement, accompagnée du sifflement caractéristique de l'air comprimé.

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