Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Novembre 2015
À vous deux, vous arrivez enfin à terrasser Vert. Un adversaire autrefois doué, maintenant décédé. Vous ne parvenez pas à expliquer son comportement si ce n'est par l'appât du gain, soit dans ce cas précis, du masque. Après un échange silencieux avec Jaune, vous décidez de le fouiller. Vous trouvez une quantité impressionnante de poignards, de dagues... toutes les sortes de projectiles directement utilisables en les projetant d'une main devant exister. Il porte également une gourde d'eau à moitié vide, et l'équivalent de deux Repas que vous vous partagez équitablement avec Jaune. Quelques papiers apparemment administratifs et écrits dans une langue qui ne vous dit rien sont soigneusement pliés dans un repli de son vêtement. Vous finissez par ôter le masque, pour ne découvrir qu'un visage masculin ordinaire, à la barbe non rasée depuis longtemps mais chauve. Peut-être des traits légèrement slaves, mais sans pouvoir conclure. La seule chose sûre semble être qu'il était équipé pour affronter une armée, et qu'il savait se servir de ses armes. Jaune fait ce qui ressemble à une rapide prière silencieuse pour les morts, puis vous reprenez votre route. Vous continuez votre progression dans le silence le plus complet... et puis vous recommencez à entendre le bruit de vos pas. Vous testez vos cordes vocales, et le son de votre voix résonne enfin.
« Je tiens à m'excuser.
Cette première phrase de Jaune vous arrête net. Vous vous retournez et le regardez bizarrement. Mais il continue sans se laisser démonter.
- Tout à l'heure dans la salle, nous avons été un peu... brusques avec toi Sans Habit. Nous sortions d'un combat difficile et tu es arrivé comme une fleur, comme s'il ne s'était rien passé. Alors nous avons tous pensé que tu étais... Mais ce n'est pas possible. Nous avons tué Vert. Hors, Elle ne tue pas les gens. C'est peut-être la seule chose au monde qui ne puisse pas tuer d'être vivant d'ailleurs, même si elle assiste à chaque mort.
Devant vos yeux de plus en plus exorbités, Jaune respire un grand coup et lâche la bombe :
- La Mort. La rumeur veut que la Mort, qui désire récupérer son masque, s'arrange pour faire partie de chaque expédition, et qu'elle fera tout pour arriver à ses fins. D'après ta réaction, tu n'étais pas au courant de cette histoire, mais je mettrai ma main à couper que tous les autres la connaissaient. Crois-le ou non, je me suis arrangé pour que tu portes le coup fatal, ce qu'Elle n'aurait jamais pu faire sans bouleverser l'équilibre cosmique.
-Tu veux dire que l'on serait en compétition avec la Mort ? C'est...
- La chose la plus terrifiante de l'existence. »
Sur cette discussion philosophique, vous reprenez votre marche, méditant sur ces paroles inquiétantes.
Vous finissez par arriver dans une grande salle circulaire, de plus de cinq mètres de haut sur une trentaine de diamètre. D'impressionnants stalactites et stalagmites décorent les lieux. Si les seuls accès semblent être la galerie dont vous provenez et trois autres similaires, toutes rocheuses, la sortie en est une gigantesque porte d'acier, montant quasiment jusqu'au plafond, encadrée de deux colonnes doriques parsemées de torches allumées sur leurs torchères. Et devant cela, se trouve trois personnes que vous connaissez bien. Rousse, Blanche et Barbu (notez qui est présent sur votre Feuille d'Aventure). Épuisés. Blessés. En plein affrontement contre...