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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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A l'abordage !

A l'abordage !

Vous êtes un marin aguerri, vous avez sillonné les Sept Mers. Vous avez une longue expérience de la navigation, sur les grands bâtiments comme sur les petits, sur les frêles esquifs comme sur les puissants navires de guerres. Les hurlements de la tempête ne vous troublent pas plus que le calme plat. Votre fidèle sabre d'abordage a eu raison de bien des for­bans et de bien des créatures étranges surgies des profondeurs de l'océan.

Au port, vos auditeurs sont captivés par vos souve­nirs de mer. Certains sont authentiques, d'autres pas... mais personne, en dehors de vous, ne peut les distinguer les uns des autres.

Vous vous trouvez à cinq jours de mer du port des Sables-Noirs, en tant que premier maître du navire marchand Poisson-Lune, lorsque le vaisseau pirate vous attaque. Fonçant avec toutes ses voiles noires déployées comme les ailes de quelque gigantesque rapace marin, il éperonne votre coque. Son nom est inscrit sous sa grimaçante figure de proue aux cornes acérées : Belzébuth. Une horde de pirates dépenaillés enjambe les rambardes et déferle sur votre pont. L'équipage du Poisson-Lune se défend courageuse­ment, mais un pacifique navire marchand n'est pas de taille à lutter contre un vaisseau pirate. Vous voyez tous vos camarades tomber l'un après l'autre. Finalement, il ne reste plus que vous. Adossé au grand mât, vous répandez la mort autour de vous, car votre sabre fidèle fait des ravages dans les rangs des bandits. Terrifiés, ceux-ci battent en retraite. Vous abaissez une seconde votre garde... trop tôt, hélas ! Derrière vous, un ruffian à barbe noire balance une énorme massue. Vous voyez trente-six chandelles... puis plus rien.

Lorsque vous reprenez vos esprits, vous êtes surpris d'être encore en vie. Non loin de là, le Poisson-Lune n'est plus qu'une épave en feu. Les corps de vos camarades ont disparu au fond des flots, selon toute probabilité. Vous vous trouvez sur le pont du Belzébuth, lequel file toutes voiles dehors vers l'île qui abrite le repaire des pirates.

Vous essayez de vous mettre debout... et vous constatez que vous êtes ligoté au mât. Un rire sardonique retentit derrière vous.

— Ah... voilà notre héros réveillé !

L'homme qui vient de parler s'avance, et vous pouvez contempler votre vainqueur : un grand gaillard au crâne chauve, vêtu d'une tunique pourpre qui a connu des jours meilleurs. Il s'incline ironiquement devant vous.

— Capitaine Carnage, pour vous servir ! C'est un plaisir pour moi d'accueillir à mon bord un aussi valeureux combattant ! Je vous offrirais bien un poste dans mon équipage, mais quelque chose me dit que ce n'est pas exactement votre genre. Qu'est-ce que nous allons faire de vous ?

Plusieurs des pirates ricanants s'empressent d’émettre des suggestions.

Attachons-le à la proue ! Hissons-le en haut du mât, il servira de pavillon ! Utilisons-le comme appât pour pêcher le requin !

Mais le capitaine Carnage les fait taire d'un geste.

— Non, mes braves ! En voilà des manières de sau­vages ! Vous devriez avoir honte ! Cet homme nous a tenu tête tout seul et il a réussi à éliminer plusieurs des nôtres. Un combattant de cette trempe doit être récompensé comme il le mérite, et il quittera ce navire sain et sauf !

Les pirates protestent, mais le Capitaine leur impose silence.

— D'abord, nous allons vous restituer le sabre que vous maniez si adroitement.

Il le ramasse sur le pont et le glisse dans le fourreau suspendu à votre ceinture.

— Ensuite, nous allons vous remettre des Provisions de voyage.

Il claque des doigts, et un pirate apporte un sac contenant du pain de seigle et du bœuf salé : de quoi faire dix repas. Le Capitaine fixe ce sac pesant à votre ceinture.

— Et nous allons vous libérer de ces liens déplaisants.

Il tire son poignard et tranche les cordages qui vous retiennent au mât. Il vous aide à vous remettre debout, mais vos mains restent attachées derrière votre dos.

— Vous m'excuserez de ne pas délier vos mains tout de suite, mais vous êtes un adversaire particulière­ment redoutable !

Derrière lui, les pirates rient sous cape.

— Et, enfin, nous allons vous rendre la liberté !

Il vous conduit à la poupe où sont fixés les canots de sauvetage. La foule des pirates suit le mouvement en ronchonnant.

— Malheureusement, ajoute le Capitaine, nous ne pouvons pas nous priver d'un canot. Vous allez donc être obligé de rentrer chez vous à la nage !

D'une violente bourrade, il vous fait basculer par-dessus la rambarde. Vous tombez à la mer dans un formidable éclaboussement et, tandis que les cadeaux du capitaine Carnage vous entraînent vers le fond, vous entendez l'équipage pirate s'esclaffer de cette bonne blague...

Et maintenant, commencez l’aventure !

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