Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Août 2016
Retournant le corps, vous constatez que c'est celui d'un homme d'âge moyen, affligé d'un début de calvitie et portant une épaisse barbe noire. Il a encore à la main le tronçon d'une épée brisée. Mais alors que vous l'examinez, vous avez la stupéfaction de le voir battre des paupières et ouvrir les yeux : il est encore vivant! «A boire... à boire...», gémit-il d'une voix rauque. Tirant votre gourde de votre sac, vous vous empressez d'en glisser le goulot entre ses lèvres desséchées. Le malheureux baigne dans son sang et n'en a visiblement plus pour bien longtemps à vivre. Levant à grand-peine une main tremblante, il vous fait signe de vous rapprocher et se met à murmurer contre votre oreille. « Écoute- moi, étranger. Mon nom est Morlak, et j'étais le chef de ce village, articule-t-il faiblement. Mortis a lancé ses hordes maudites contre nous. A la tête des Morts Vivants, il y avait une chose sans nom qu'il a appelée depuis le Territoire des Morts pour venir ravager notre monde. C’était comme un gigantesque crâne humain avec une myriade de pattes squelettiques. De longues jambes tentaculaires jaillissent de sa gueule pour saisir ses victimes et les enfourner dans ses énormes mâchoires. Nous nous sommes défendus comme nous l'avons pu, mais c'est à peine si nos épées et nos flèches sont parvenues à entamer sa carapace osseuse. Je crois que seules de lourdes armes de choc, comme des gourdins ou des masses d'armes, peuvent être efficaces contre un tel monstre. Ne l'oublie pas, étranger, si jamais tu as le malheur de le rencontrer. Ne l'oubl... » Ce sont là ses dernières paroles. Ses yeux deviennent vitreux et, sur une brève quinte de toux, il rend son dernier souffle. Prenant le temps d'offrir une sépulture aussi décente que possible à cet homme courageux, vous l'enterrez à côté de la chapelle.