Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Août 2016
Le Centaure vous rejoint au petit galop et déclame d'une voix précieuse : « Morbleu, je vous dois la vie, mon bon ami ! Ces gueux de loups étaient sur le point de me dévorer du chef aux sabots, les rustres ! Mais si j'en peux croire votre bravoure et votre prestance, vous n'appartenez pas au commun des mortels bipèdes qui peuplent cette île, aussi ne me reconnaissez-vous point. Souffrez donc d'entendre, valeureux guerrier, que celui qui vous doit la vie n'est autre qu'un Ami des Elfes, un pieux serviteur des dieux du Bien - et vous en êtes un autre, à l'évidence! - bref, pour tout dire, le plus noble des notes des Bois de Shamdabag, Son Altesse Sérénissime Surirey en personne. Mais en de telles circonstances, foin de mondanités ! Appelez-moi donc Sire Surirey ainsi que le font tous mes amis. Et daignerez-vous peut-être maintenant m'apprendre à qui j'ai l'honneur et comment je puis m'acquitter de l'incommensurable dette dont me voilà à jamais redevable ?» Tandis qu'il reprend son souffle, vous vous présentez avec juste un peu plus de sobriété et vous lui exposez en quelques mots l'objet de votre mission, lui expliquant que vous devez vous rendre au plus vite à la Citadelle de Brûlesang. « Tudieu ! Sachez, mon ami, que je puis vous apporter une aide décisive dans l'accomplissement de votre excellente et ô combien louable quête. Car, pour vous prouvez ma gratitude, je fais, sur mon honneur, vœu de vous servir de fidèle coursier jusqu'à son glorieux achèvement ! Grâce à ma légendaire vélocité, je peux vous affirmer sans vous en faire accroire qu'atteindre la Citadelle de Brûlesang ne sera que l'affaire d'un instant. Autant dire que le triste Sire Mortis peut d'ores et déjà se considérer comme mort... ou plutôt, mort et définitivement enterré, puisque il est notoire qu'il y a bien longtemps qu'il n'appartient plus au monde des vivants, ho, ho, ho ! Allons, valeureux commensal, posez votre séant sur mon échine et, hardi ! Faisons sans plus tarder feu des quatre fers ! » Prenant place sur le dos de Sire Surirey, vous découvrez que le Centaure vous offre bien un mode de transport des plus rapides, mais vous ne tardez pas à vous demander si vous saurez faire preuve d'assez d'abnégation pour supporter jusqu'au bout la logorrhée qui jaillit sans trêve de son illustre bouche. Galopant à vive allure, il commence par vous narrer ses « plus hauts faits d'armes», dont le récit ne tarde pas à vous sembler quelque peu enjolivé...